Bruno Bonnell remporte la première manche aux prud’hommes de Lyon

Par Daphné Gastaldi (We Report)

Un ancien « collaborateur » du député macroniste Bruno Bonnell vient d’être débouté aux prud’hommes de Lyon. Hadj Djennas, qui dénonce un travail dissimulé, sans contrat ni salaire, compte faire appel.

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«Les pièces produites ne permettent pas de mettre en évidence un lien de subordination », a tranché le conseil de prud’hommes de Lyon, le 12 avril 2019. Depuis l’an dernier, l’affaire oppose le député LREM Bruno Bonnell, « serial entrepreneur » en robotique notamment (Ivolution, Robopolis, Awabot, salon Innorobo) et tombeur de l’ancienne ministre Najat Vallaud-Belkacem lors des dernières élections législatives dans le Rhône, à un assistant à Villeurbanne.

Ce dernier, Hadj Djennas, estime qu’il a eu un contrat de travail oral à partir du 1er septembre 2017 jusqu’à sa démission le 24 janvier 2018. Ce dossier est révélateur du flou entretenu entre le statut de collaborateur parlementaire et de militant bénévole en France.

Contactées par Mediapart, les deux parties ne désarment pas. « Il y a une distinction claire entre distribuer des tracts pour un parti ou travailler régulièrement pour un député », rappelle le plaignant Hadj Djennas, adhérent de LREM et chargé de mission dans le secteur de l’assurance. Il regrette qu’un certain nombre d’éléments n’aient pas suffisamment été pris en compte, « à savoir [s]es cartes de visite [similaires à celles des collaborateurs parlementaires du député – ndlr], les invitations régulières aux réunions d’équipe ou le fait que le député Bruno Bonnell [l]e présente comme collaborateur sur son site officiel ».

Dans sa décision, le conseil de prud’hommes de Lyon s’est appuyé sur le fait que Hadj Djennas a contesté tardivement, en février 2018, l’absence de versement de salaires, même s’il réclamait auparavant un contrat auprès du député, de juillet à décembre 2017. Sans réponse claire de la part de Bruno Bonnell, Hadj Djennas finira par arrêter toute collaboration. Le conseil estime néanmoins que toutes ses activités de terrain sont celles d’un militant politique, étant donné son adhésion à La République en marche.

Cette décision a comme un goût de victoire pour le député macroniste. « Je savais pertinemment qu’on était dans notre bon droit, se réjouit Bruno Bonnell. La justice dit clairement que les preuves n’ont aucun fondement, qu’il n’y a aucun lien de subordination et qu’il a fait tout cela dans un cadre militant. » En revanche, le député a été débouté dans sa demande de réparations pour atteinte à son image politique et pour procédure abusive.

Pour le plaignant, ce n’est qu’une étape. Hadj Djennas réclamait plus de 200 000 euros d’arriérés de salaire, de dommages et intérêts ou encore d’indemnités pour travail dissimulé. Il compte bien faire appel dans les prochains jours.

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