Dossier Jean Pormanove : la mort au bout du stream

Le 15 décembre 2024, Mediapart révélait les sévices subis par deux streamers sur une chaîne de la plateforme en ligne Kick. Huit mois plus tard, Raphaël Graven décédait en direct, sous les yeux de milliers dabonnés. Cette affaire, qui pose la question du rôle de la justice et de la régulation des contenus diffusés sur Internet, ouvre aussi une fenêtre sur un véritable business de lhumiliation.

La justice refuse de bloquer la plateforme Kick, mais ferme les chaînes liées à Jean Pormanove

© Photomontage Mediapart avec captures d'écran

L’État n’a pas obtenu la suspension complète de la plateforme Kick, sur laquelle le streamer Raphaël Graven est décédé en direct en août 2025. La justice a toutefois suspendu la chaîne sur laquelle il subissait des sévices et ses équivalents « miroirs ».

La justice refuse de bloquer la plateforme Kick, mais ferme les chaînes liées à Jean Pormanove

© Photomontage Mediapart avec captures d'écran

L’État n’a pas obtenu la suspension complète de la plateforme Kick, sur laquelle le streamer Raphaël Graven est décédé en direct en août 2025. La justice a toutefois suspendu la chaîne sur laquelle il subissait des sévices et ses équivalents « miroirs ».

Affaire Jean Pormanove : les violences en direct reprennent, la justice perquisitionne le « Lokal » 

© Mediapart

Deux des influenceurs niçois qui participaient activement à la chaîne Jean Pormanove ont recommencé à diffuser des mises en scène d’actes de violence. Selon les informations de Mediapart, la justice a ouvert une nouvelle enquête en flagrance vendredi 10 octobre et le lieu de tournage a été perquisitionné.

Monétiser l’humiliation : retour sur l’affaire Jean Pormanove

« Abonnez-vous » — Vidéo

Lundi 22 septembre sur la chaîne Twitch de Mediapart, Marie Turcan a répondu à vos questions sur l’affaire Jean Pormanove.

Affaire « Jean Pormanove » : une troisième enquête judiciaire vise Kick, plateforme sulfureuse

Après la mort en direct du streamer Raphaël Graven, le parquet de Paris a ouvert lundi 25 août une enquête préliminaire concernant, cette fois, le service de streaming australien. C’est la troisième procédure lancée depuis les premières révélations de Mediapart en décembre 2024.

Affaire « Jean Pormanove » : le ministère de l’intérieur a reçu 80 signalements avant la mort du streamer

Selon la ministre du numérique, les forces de l’ordre derrière la plateforme Pharos ont été alertées 80 fois à propos de la chaîne vidéo Jeanpormanove. Des gendarmes sont aussi passés cinq fois sur le lieu du tournage, dans le mois qui a précédé la mort en direct du streamer Raphaël Graven. 

Affaire « Jean Pormanove » : les explications de l’Arcom, et les zones d’ombres qui demeurent

Jamais saisie autrement que par nos demandes et celle de la Ligue des droits de l’homme avant le 18 août, l’autorité de régulation de l’audiovisuel répond à Mediapart et confirme que l’Office anticybercriminalité n’a rien entrepris au sujet de Kick avant la mort du streamer.

« Sur Kick, il y a un terreau propice à la violence viriliste et validiste »

Entretien

© Photomontage Mediapart

Lundi 18 août, la mort en direct de Raphaël Graven, alias « Jean Pormanove », a jeté une lumière crue sur le spectacle sordide diffusé sur la plateforme de streaming Kick. Nathan Ferret, sociologue, analyse les ressorts d’une violence « ritualisée » qui a fédéré des milliers de personnes.

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Autour de « Jean Pormanove », une communauté de messieurs Tout-le-Monde

Des « pères de famille » aux stars du foot : le profil des spectateurs de la chaîne de « Jean Pormanove », sur laquelle le streamer Raphaël Graven est mort en direct, est loin de se cantonner à des adolescents ou à des marginaux. Mais un petit noyau dur, avide de violence, peine encore aujourd'hui à se remettre en question.

Mort de « Jean Pormanove » : « Concentrer le blâme sur l’Arcom est une erreur »

Entretien

Depuis la mort du streamer en direct sur la plateforme Kick après plusieurs mois de violences diffusées en ligne, le régulateur de l’audiovisuel est critiqué pour ne pas avoir agi assez rapidement. Explications de l’association européenne sur les droits numériques.

Pendant plusieurs heures, Kick a remis en ligne les vidéos qui ont précédé la mort de Jean Pormanove

Les vidéos des sévices subis par le streamer les jours avant sa mort ont été remises en ligne jeudi par la plateforme Kick. La ministre du numérique se dit « outrée ». L’autorité de régulation de l’audiovisuel, l’Arcom, condamne également. Elles ont finalement été retirées ce vendredi.

Affaire Jean Pormanove : l’embarras de la ministre du numérique Clara Chappaz

Vidéo

La ministre a qualifié « d’horreur absolue » la mort en direct de Jean Pormanove et déclaré saisir l’Arcom. Elle était pourtant avertie des violences contre le streamer dès décembre 2024. Mais elle n’avait, à l’époque, pas agi. Pourquoi ? Mediapart lui a posé la question. 

Affaire « Jean Pormanove » : les premiers résultats de l’autopsie

Les médecins légistes concluent que le décès du streamer « n’a pas une origine traumatique et n’est pas en lien avec l’intervention d’un tiers ». Des analyses complémentaires ont été ordonnées. Raphaël Graven est mort en direct lundi 18 août, sur la plateforme Kick.

Affaire « Jean Pormanove » : la gendarmerie s’est rendue sur le lieu de tournage trois jours avant le décès

Enquête

D’après des images visionnées par Mediapart, la gendarmerie a rendu visite, à au moins deux reprises, aux streamers en plein direct, les 13 et 14 août. Mais aussi mi-juillet, toujours pendant le direct, après que des images de « JP » enfermé dans le coffre d’une voiture ont circulé.

Les 12 jours de sévices qui ont précédé la mort de « Jean Pormanove »

Enquête

Les 300 heures de direct visionnées par Mediapart montrent plusieurs tentatives d’étranglement, de très nombreux coups au visage et des brimades. À plusieurs reprises, Jean Pormanove se plaint, demande d’appeler la police ou l’hôpital. En vain.

Affaire « Jean Pormanove » : ceux qui n’ont rien fait

Interrogée par Mediapart dès 2024 sur les violences commises sur une chaîne de streaming, la ministre déléguée au numérique n’avait pas répondu. Après le décès survenu en direct, elle dénonce « une horreur absolue ». L’enquête ouverte par la justice en décembre n’a pas non plus empêché les livestreams de continuer.