En Roumanie, la gauche mobilise contre les supposés «abus» des juges

Par Aline Fontaine

À rebours des manifestations de 2017 contre la corruption du gouvernement, quelque 200 000 Roumains se sont cette fois rassemblés à Bucarest pour dénoncer la mise en place de ce qu’ils appellent un « État parallèle » aux mains selon eux de l’institution judiciaire. L’occasion pour les sociaux-démocrates de rappeler qu’ils dirigent le pays, mais aussi d’entrouvrir la voie à un durcissement du régime.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Bucarest (Roumanie), envoyée spéciale.-  « Nous représentons cette majorité silencieuse qui manifeste rarement, mais ce soir, tout le monde entendra notre voix », lance Simona. Comme 200 000 autres personnes, venues de tout le pays, elle a répondu à l'appel du parti social-démocrate – qui domine le Parlement, le gouvernement et la majorité des collectivités locales – et a traversé la Roumanie, en minibus, pour rejoindre la place de la Victoire, au centre de Bucarest. Cette femme de 55 ans brandit une pancarte, faite maison. Dessus, elle dédie un message au président, de droite libérale : « Pas de chance, nous allons récupérer nos droits. » Elle a laissé deux petits trous pour y glisser ses yeux et le regarder, en face.