«Troisième Printemps», un certain art de l’accueil de l’enfance en détresse

Par Images En Bibliothèques & Mediapart

À l’heure où les services de pédopsychiatrie dénoncent l’indigence de leurs moyens, voici des images d’une pratique quasiment disparue. Tournées par Arnaud de Mezamat en 1999 à la pouponnière d’Antony, près de Paris, quelques mois avant la fermeture de ce centre, elles disent combien une attention particulière aux enfants confiés par l’Aide sociale peut les aider à grandir, combien les mots sont la première matière du soin psychique.

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La pouponnière Paul-Manchon était une institution hors norme. Créée en 1911, c’est 60 ans plus tard qu’une nouvelle équipe dirigeante lui donne son caractère d’exception dans le paysage de l’aide sociale à l’enfance. Accueillant à temps complet des enfants dont les familles sont en grande difficulté, le personnel, sensibilisé aux travaux de Françoise Dolto et à la psychanalyse de l’enfant, attache une importance particulière au langage et accorde à l’enfant le temps nécessaire à sa reconstruction. Troisième Printemps permet de comprendre ce que veut dire suivre un enfant : non pas lui montrer une voie toute tracée mais l’accompagner, avec bienveillance et douceur, sur le chemin que chacun trace à son rythme. « Vu de loin, le plus surprenant est que ce soin passe par une apparence de banalité, écrit Arnaud de Mezamat. Ce rien apparent, ce quotidien “soignant” en lui-même est certainement une des choses les plus complexes à penser et des plus difficiles à maintenir. Sa fragilité est sa force. »