En Algérie, «même notre droit de vote, ils nous l’ont volé»

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En Algérie, l’armée, flanquée d’un pouvoir civil en miettes, fait la sourde oreille et avance à marche forcée. Malgré le rejet unanime de la présidentielle du 12 décembre par le peuple, le Conseil constitutionnel a validé samedi 9 novembre les cinq candidatures, portées par des anciens ministres de Bouteflika. La veille, des foules de manifestants ont encore scandé partout dans le pays, à l’occasion du 38e vendredi de contestation, qu’elles n’iraient pas voter pour ces « marionnettes du pouvoir ». Témoignages de marcheurs et marcheuses algéroises qui ne votent plus depuis des décennies ou n’ont jamais voté.

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  1. L’Algérie court vers des élections présidentielles « sans le peuple », comme l’ont encore annoncé quantité de slogans et de manifestants vendredi 8 novembre, dans les rues de la capitale Alger et de nombreuses autres villes. C’était le 38e vendredi d’affilée du hirak, le soulèvement populaire algérien, « le 38e sourire », pour reprendre la poésie d’une pancarte, brandie par une moustache septuagénaire qui ne se souvient pas d’avoir un jour exercé son droit de vote : « Même ça, ils nous l’ont volé ! À quoi ça sert de voter pour une marionnette fabriquée par l’armée depuis notre indépendance en 1962 ? » Au verso, tracé au feutre noir, un résumé de ce que la rue scande depuis neuf mois : « Non à un pouvoir de nonagénaires, totalitaire, reptilien, stalinien ».

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