«A l’hôpital, l’effectif normal c’est l’effectif minimum»

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Les infirmiers, travaillant en libéral ou à l'hôpital, les aides-soignants ou encore les étudiants infirmiers, ont manifesté ensemble mardi 8 novembre. Le ras-le-bol est général chez ces soignants, qui dénoncent d’une même voix le manque de moyens et un sous-effectif mortifère. Cet été, cinq professionnels se sont suicidés.→ Lire aussi notre dossier : Hôpitaux à bout de souffle

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  1. © Mathilde Goanec

    Mariam, infirmière depuis 2011, ancienne aide-soignante, travaille en Île-de-France dans un hôpital public, au bloc opératoire.

    « Les patients sont des clients et c’est quelque chose que l’on refuse. Mais faut être réaliste, on est fatigués, on est surmenés, on n’est pas assez nombreux, on est rappelés sans cesse sur nos repos, donc faut pas se voiler la face, on n’est pas bien. Du coup, les patients sont en danger ! On nous dit : “Allez, passez en 12 heures et tout ira mieux”, mais résultat, comme il manque du personnel, on arrive à des semaines à 72 heures. Le problème n’est pas celui des horaires, ce sont les conditions qui vont avec. Nous sommes fatigués mais l’hôpital joue avec nos vies car il sait que nous ferons toujours au mieux, au détriment de notre santé personnelle et de notre vie familiale. Quand, à cause des restrictions budgétaires, l’État dit de resserrer les effectifs, c’est bien sûr le petit personnel qui trinque. Mais nous ne sommes pas surhumains et on prend tous les jours des risques. »

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