A la frontière turco-syrienne, au pied du mur

Par

Il y a un an, le gouvernement turc s’engageait dans un processus de paix avec la guérilla kurde du PKK (Parti du travail du Kurdistan) d’Abdullah Öcalan et le BDP (Parti pour la paix et la démocratie), parti pro-kurde représenté au parlement. Pour mettre un terme au conflit qui a fait plus de 45 000 morts depuis 1984, le premier ministre Erdogan et le leader kurde ont décrété un cessez-le-feu. Depuis, les négociations sont dans l’impasse, le BDP demandant la libération des centaines de militants. Début octobre, le gouvernement turc a commencé à bâtir un mur à la frontière turco-syrienne, sans en alerter les municipalités concernées. À Nusaybin, ville coupée en deux, la population ne veut pas de cette séparation.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

  1. Bâtie au sud-est de la Turquie, à flanc de montagne, Mardin (65 000 habitants, préfecture de la province du même nom) domine la plaine de Mésopotamie. Avec son minuscule aéroport en réfection, c’est l’une des voies d'accès à la frontière. Y cohabitent des populations turque, kurde, arabe et assyrienne, de confession musulmane, chrétienne ou juive. Les chrétiens s'y sont établis au IIIe siècle, et y demeurent encore, malgré les massacres et les déportations successifs, qui accablèrent également Assyriens et Arméniens. La ligne de chemin de fer Istanbul-Bagdad passe aussi par là. Une demi-heure de route à travers les champs, en direction de la frontière syrienne, et nous voilà à Nusaybin, à quelques mètres de la Syrie.  

Voir tous les portfolios