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Les réfugiés en cartes: chemins, murs, accueil

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Les cartes rassemblées dans ce portfolio présentent diverses facettes de la situation migratoire actuelle. Alors que des milliers de réfugiés tentent de rejoindre le nord de l'Europe, les États du vieux continent peinent à faire preuve de solidarité. Pendant ce temps, des murs et des camps se construisent. 

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  1. Cette carte est réalisée par Morgane Dujmovic, doctorante en géographie (attachée au laboratoire TELEMME de l'Université Aix-Marseille/CNRS) en recherche à l'Université de Zagreb. Elle est issue de deux entretiens réalisés à Zagreb avec un migrant placé en camp pour demandeurs d’asile, qui a effectué la « traversée des Balkans » depuis le Maroc. De nombreux détails du parcours ont été volontairement occultés.

    Depuis plusieurs années les routes migratoires des Balkans sont réactivées par des migrants originaires du Proche et Moyen-Orient, d’Asie et d’Afrique. En 2015, le phénomène s’accentue: sur le premier semestre de l’année, on estime par exemple à un millier le nombre de migrants qui transitent chaque jour par la Serbie. À la même période, 80.000 demandes d’asile sont enregistrées en Hongrie, contre 43.000 sur l’ensemble de l’année 2014.

    Dans le même temps, plusieurs dispositifs de renvois gouvernementaux de migrants vers les pays d’origine ou de transit sont mis en place. Les accords de réadmission permettent par exemple les renvois en chaîne de migrants vers des Etats qu’ils ont traversés. Par ailleurs, tous les Etats-Membres appliquent le Règlement « Dublin III » qui contient un mécanisme de renvoi des migrants vers le premier pays où une demande d’asile a été déposée. Pour contourner les difficultés croissantes à venir en Europe par les voies légales, de nombreux migrants entreprennent un véritable périple à travers les Balkans.

    C’est le parcours d’un jeune homme marocain que nous avons décidé de cartographier ici. Originaire de Casablanca, il rejoint d’abord en avion Istanbul, principal point de départ des « routes balkaniques ». Il ne s’imaginait pas à l’époque que ce voyage se transformerait en plus de quatre années de « migrerrance ».

    Si des routes différentes coexistent, on retrouve d’un parcours à un autre des modalités de voyage similaires. Les migrants sont logés ou placés dans des habitats divers tels que des hôtels, des « jungles », des camps pour demandeurs d’asile… La plupart des parcours composent aussi avec l’expérience de l’arrestation et du placement en cellules ou en centre de détention pour migrants, véritables prisons pour étrangers « illégalisés »… Les modalités de transport varient au gré de la géographie physique, des opportunités de voyage, des « risques », mais aussi du caractère choisi ou non du déplacement. Ainsi, il n’est pas rare que les migrants soient « déportés » de force par les autorités des différents Etats qu’ils traversent. Dans cet exemple, les empreintes du jeune homme seront enregistrées à Zagreb dans le fichier Eurodac; lorsqu’il arrivera à Innsbruck en Autriche, il sera placé dans un centre de détention pour être renvoyé vers la Croatie dans le cadre du Règlement de « Dublin III ».

    Son cas est loin d’être isolé. Les Balkans font aujourd’hui figure de nouvel espace de transit mais aussi de « sas » (Mustafa Aslan et Jean-François Pérouse, « Istanbul : le comptoir, le hub, le sas et l’impasse », Revue européenne des migrations internationales, vol. 19, n°3, 2003, vers lequel de nombreux migrants sont renvoyés contre leur gré.

     

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