Roms: une communauté de survie

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Ceci se passe à Ostrava, troisième ville de la République tchèque, à la frontière polonaise. Depuis plusieurs mois, quelques familles roms tentent de survivre dans un ancien quartier ouvrier. L'été dernier, plus de 500 Roms y vivaient encore, certains depuis des années. Mais, par souci d'hygiène et de sécurité, les autorités ont décidé d'évacuer les logements. Se sachant indésirables ailleurs, une poignée d'entre eux ont décidé de rester et de se regrouper dans le bâtiment 8. Depuis, ils s'organisent pour remettre sur pied leur quartier. Une communauté d'autogestion soutenue par l'ONG Life Together de Kumar Visnawathan, un travailleur social d'origine indienne.

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  1. M. Kaleja, père de famille, revient de la corvée de bois. Prélevé dans la forêt, le bois est indispensable pour cuisiner et se chauffer.

  2. Le quartier de Prednadrazi Street, composé de neuf blocs, est un des 17 lieux d'exclusion sociale identifiés sur le district d'Ostrava. Depuis l'été dernier, tout a été laissé à l'abandon, sauf le bloc 8 où des familles subsistent encore.

  3. Depuis la coupure des conduits, les derniers habitants se débrouillent pour continuer à vivre ici. Le propriétaire des bâtiments, la Prednadrazi Houses Company, a délibérément laisser ses immeubles se délabrer, ne réglant pas les factures d'eau et d'électricité, et n'engageant pas les travaux nécessaires.

  4. Les boîtes aux lettres du bloc 8. Quelque 35 personnes y résident encore et comptent bien, une fois la réhabilitation réalisée par leurs soins, faire revenir leurs voisins expulsés.

  5. Kumar Visnawathan préside l'ONG Life Together, honorée par l'ambassade américaine en 2005. Il se rend tous les jours dans le quartier et assiste aux réunions de la collectivité. « Il faut respecter la volonté de ceux qui veulent rester et leur lutte pour des logements décents. » En janvier 2013, son association a été expulsée des locaux qu'elle occupait depuis 1999. Selon lui, en raison de son opposition à la municipalité concernant Prednadrazi.

  6. Kumar Visnawathan en visite chez la famille Bandy. Leur garçon montre l'endroit du plafond où ils ont dû extirper un nid de guêpes, quelques semaines auparavant. Kumar Visnawathan a débarqué dans ce coin perdu lors des graves inondations de 1997 et n'en est plus jamais reparti.

  7. Jan Chytil est coordinateur sur la question rom pour la ville d'Ostrava. Il travaille actuellement à la mise en œuvre du programme Social Inclusion (2012-2020) financé par des fonds européens, avec trois priorités : le logement, l'emploi et l'éducation des populations défavorisées du territoire, en majorité roms.

  8. Jan Chytil, coordinateur sur la question rom pour la ville d'Ostrava, et l'association Together-Jekhetane, en visite chez la famille Kaleja.

  9. Dusan Cervenak, travailleur social plus spécialement chargé de la situation des Rom, avec le fils et la mère de la famille Kaleja.

  10. La famille Kaleja, dans son salon. Dans leur appartement, chaque soir ont lieu les réunions de chantier où les habitants décident ensemble des travaux à faire le lendemain, de la couleur des portes jusqu'au système d'isolation. En janvier 2013, le réseau électrique et le toit étaient pratiquement réparés et les habitants s'attaquaient au système d'évacuation des eaux usées.

  11. M. Kaleja arbore les diplômes de ses deux aînés : son fils, en peinture de bâtiment ; sa fille, en boulangerie. Aucun des deux n'a trouvé d'emploi pour le moment. Le taux de chômage est estimé à 80 % dans le quartier.

  12. À l'approche de l'hiver, le renforcement du toit a été l'une des priorités. Ces travaux sont pris en charge par une société spécialisée, rémunérée par l'ONG Life Together, elle-même financée par un philanthrope américain.

  13. Dusan Cervenak est rom, engagé par la municipalité pour assurer la médiation entre la communauté et les autorités. Il rend visite aux habitants plusieurs fois par semaine et tente de les aider à trouver un emploi, un logement, régler leurs dettes...

  14. Une des habitantes du quartier, qui y vit avec son mari depuis près de 30 ans.

  15. Le père de la famille Makuna avec un de ses voisins sur le palier de leurs appartements en plein travaux dans le bloc 8.

  16. Originaire de Slovaquie où ils tenaient une exploitation agricole, la famille Makuna est arrivée à Prednadrazi voilà une dizaine d'années. Elle ne se voit pas s'installer ailleurs.

    Ce reportage a été effectué mi-décembre 2012. Pour voir d'autres photos de P-Mod, aller sur son site ou sur Flickr.  


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