Je suis chercheuse indépendante, associée à l'Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle (laboratoire CREW), spécialiste des Etats-Unis, en particulier le rôle du Congrès et la politique étrangère. Je m'intéresse aux interventions militaires, aux nouvelles dynamiques partisanes aux Etats-Unis, et à leurs conséquences sur la politique étrangère. Je travaille en particulier sur la transformation de la droite américaine. Plus d'infos sur mon blog Froggy Bottom: https://froggybottomblog.com
La nouvelle stratégie de sécurité nationale des États-Unis, publiée le 5 décembre, entérine une rupture dans la politique étrangère américaine. Elle traduit la victoire idéologique, à Washington, d’un nationalisme chrétien ouvertement hostile aux droits universels et au multilatéralisme.
Si l’Ukraine et ses soutiens européens ont pu retravailler le plan de paix très défavorable qui leur a été soumis par Washington, c’est grâce à la fracture à la tête des États-Unis, où s’affrontent deux visions de ce que veut dire « America First ».
La vague d’intimidations et de censure qui déferle sur quiconque rappelle l’extrémisme de Charlie Kirk, assassiné le 10 septembre, ne tombe pas du ciel. Elle est le fruit d’un projet autoritariste, longuement mûri par Stephen Miller, chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche.
Pour la cinquième fois depuis 2019, les intellectuels du trumpisme se sont retrouvés à Washington. Le mouvement « national-conservateur » du penseur israélo-américain Yoram Hazony s’est félicité de son accès au plus haut sommet de l’État. Mais la politique étrangère et le rapport à la « tech » sont sources de divisions.
Au sein de la base Maga, les soutiens de Trump ne communient pas tous dans le refus des guerres. En réalité, le slogan « America First » ne traduit pas une volonté d’isolement à tout prix, mais une compréhension très restrictive des intérêts états-uniens.
La montée d’une extrême droite globale est inséparable de l’évolution des réseaux sociaux comme première source d’« information ». L’affaiblissement des médias, tout comme la division de l’Europe, font partie du projet. Ce que montrent déjà Musk et Zuckerberg.
Trump a fait campagne sur la peur face aux changements brutaux de la société américaine et de la situation internationale, en attisant le racisme et le rejet des « étrangers ». Une tactique millénaire qui a fait, de nouveau, ses preuves.
Les deux candidats à l’élection présidentielle s’affrontent pour la première fois dans un débat télévisé, mardi 10 septembre. Il resterait moins de 5 % de l’électorat à convaincre : les autres ont déjà fait leur choix. La bataille s’annonce serrée.
Cette campagne présidentielle aux États-Unis est la plus chaotique de l’histoire récente du pays. Elle rappelle l’année 1968, marquée elle aussi par la violence politique et le désistement inattendu d’un président démocrate.
La nouvelle droite américaine, qui irrigue toute la pensée de Donald Trump et de ses partisans, s’est réunie début juillet à Washington. L’objectif : préparer une future administration républicaine au service de leurs obsessions idéologiques. Parmi les participants, le sénateur J. D. Vance.
Les évolutions politiques outre-Atlantique nous tendent un miroir – et réciproquement. L’électorat non diplômé, hors des grandes villes, y a été perdu par la gauche. Tandis que la droite a assis son hégémonie culturelle avec l’aide de médias complaisants sinon totalement acquis.
Comment expliquer le soutien des évangéliques à l’ancien président, reconnu coupable dans l’affaire Stormy Daniels, du nom d’une actrice porno dont il a acheté le silence ? C’est que pour ces chrétiens blancs, la religion n’est plus une affaire de foi mais d’identité.