L'œuvre au noir d'Annie Le Brun

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Dans son dernier essai, Si rien avait une forme, ce serait cela, Annie Le Brun se met en quête des secrets les plus inavouables de la poésie, sur cette face obscure de l'inhumain que seule est à même de révéler à l'être la «nuit du monde».

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En quelle langue écrivez-vous ? Le poétique, le romanesque, le dramatique, le critique ? Toute rhétorique mise à part (ici, même contournée, celle des genres littéraires), il arrive par chance qu'une écriture jette des signes de reconnaissance d'une teneur telle qu'il importe peu de se rapporter aux grilles de lecture usuelles. Mais alors, il faut que ce soit de l'intérieur même d'un genre particulier que ce coup de force se produise, agrégeant des ingrédients, des motifs que l'on dirait étrangers, ressortissant habituellement à d'autres genres. Bien que tout concoure à en réduire la portée sous l'empire grandissant de la dramaturgie biographique, et à l'écart des études universitaires, l'essai peut offrir cette liberté de forme unique pour l'écriture.