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Mediapart jeu. 28 juil. 2016 28/7/2016 Dernière édition

Voilà 60 ans, le maréchal Staline passait l'arme à gauche

4 mars 2013 | Par Antoine Perraud

Le 5 mars 1953, Staline calanchait. La planète sembla frappée de stupeur révérencieuse : « Le maréchal Staline est mort », titrait Le Monde. Retour, irrespectueux, soixante ans après, sur la perte d'un guide funeste que s'étaient laissé imposer tant d'esprits irraisonnés. Vidéo dans l'article.

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Le 6 mars 1953, la voix de bronze du speaker Iouri Lévitan, qui avait annoncé l'entrée (forcée) de l'Urss dans la guerre en juin 1941, retentissait à 6 heures du matin, précédée de l'hymne national, lui-même préfiguré par un interminable roulement de tambour : « Le cœur de Joseph Vissarionovitch Staline, compagnon d'armes de Lénine et génial continuateur de son œuvre, guide sagace et éducateur du Parti communiste et du peuple soviétique, a cessé de battre. » La mort remontait à la veille, l'agonie datait de plusieurs jours.

En 1992, William Karel, qui entamait une fructueuse carrière de documentariste, avait tourné, conseillé par le “kremlinologue” du Monde Michel Tatu, Les Deux Morts de Joseph Staline. Un film sépulcral sur les ultimes moments du tyran, évoqués par son ancien garde du corps, Alexeï Rybine, et bien d'autres témoins.

On y apprenait comment Lavrenti Beria avait sciemment laissé sans soins le dictateur clamsant dans sa datcha. On découvrait comment Staline avait provoqué des victimes posthumes : quelque mille cinq cents personnes décédées en trois jours, dans des bousculades frénétiques, pour s'être ruées aux pieds du cadavre exposé. Le dirigeant communiste tchécoslovaque, Klement Gottwald, poussa la déférence jusqu'à succomber après l'enterrement de son maître. Le compositeur Serge Prokoviev, qui eut le mauvais goût de disparaître le même jour que son césar, restera officiellement vivant une semaine de plus, afin d'éviter tout télescopage de deuils !

Il y a soixante ans, la folie furieuse déraillait sans vergogne : plutôt rouges que censés, se persuadaient trop de progressistes sur terre. Il existe quelques attardés, encore certains qu'être anti-stalinien demeure synonyme d'“ennemi du peuple”. Mais une vision perspicace s'impose désormais à propos de ces « mensonges et mirages », pour reprendre le sous-titre du Staline 1878-1953, que publie Jean-Jacques Marie (Autrement, 284 p., 21 €) et qui a servi de fil rouge pour la vidéo ci-dessus (ma préférence va au filmage de l'hommage consacré à Staline par Mao et les communistes chinois, que commente le parti frère polonais sur la Marche funèbre de Chopin – à 3'21...).

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