Lee Perry, au jeu du Scratch et de la souris

Par David Van Reybrouck

Il a jeté les bases du reggae, du dub, du rap et de bien d’autres genres. Il a travaillé avec Bob Marley, The Clash, les Beastie Boys et Paul McCartney. Il a été tout à la fois producteur, prophète et pyromane. Malgré ses 79 ans, Lee « Scratch » Perry n’envisage pas de quitter la scène, il joue d'ailleurs en France, à Talence le 9 août. Mais obtenir une interview de cette légende vivante est une autre paire de manches. L'historien et écrivain belge David Van Reybrouck a essayé.

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« Supérette De Baets » : c’est ce que je lis sur l’enseigne. Serait-ce ici ? Dans les forêts de Maria-Aalter, au nord-ouest de la Belgique ? C’est l’hiver, la nuit est tombée. Un automate à pain illumine le désert. Je descends de la voiture et regarde autour de moi. C’est ici que l’un des meilleurs groupes de reggae d’Europe répète chaque semaine ? Le dimanche soir, qui plus est ? C’est vers ici que, après un concert dans nos plats pays, toutes les stars de la Jamaïque – Lee Perry, Max Romeo, Congo Ashanti Roy, le batteur légendaire Horsemouth – roulent dans le noir de la nuit pour « faire un bœuf » ? Délaissant leurs hôtels, ils vont se détendre dans le désordre du Lost Ark Studio de Bregt De Boever. Là, les sons chauds et pleins leur rappellent leur jeunesse.