Rithy Panh à la rencontre des morts

Par Jean-Yves Potel (En Attendant Nadeau)

Depuis une trentaine d’années, le cinéaste Rithy Panh construit une œuvre-témoignage, une « proposition artistique », aime-t-il à dire : une vingtaine de films, des dizaines de milliers de photos, des livres. Rescapé du génocide perpétré au Cambodge par les Khmers rouges (1975-1979), il publie ces jours-ci son troisième texte, cosigné avec le romancier Christophe Bataille.

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C’est un court volume, à l’écriture dense, souvent poétique, il prend parfois l’allure d’un manifeste ou d’une prière, il raconte des événements, revient à des personnes maintes fois croisées dans ses films et ses livres, mais toujours sous un nouvel angle. Il ne craint pas de se répéter. Il s’intéresse d’abord aux faits, à « la connaissance » de la terreur khmère rouge. Dans L’Élimination (2011), le précédent livre coécrit avec Christophe Bataille, il insistait : « Qu’on ne me dise pas que je suis un voyeur. Je travaille sur les faits. […] Je montre ce qui a été. »