Liban: Phat2, manipulateur de lettres

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Qui aurait pensé, demande L’Orient-Le Jour de Beyrouth, qu’un jeune garçon féru de géométrie, d’algèbre et d’anglais serait un jour ce grand graffeur qui manie aussi bien la bombe que les idées ? Rien que deux mots, « Beyrouth Hakat » (« Beyrouth a parlé »), dessinés par l’artiste anonyme sur les murs du centre-ville, recèlent en eux toute la puissance de la révolution.

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À l’école, il trouvait un certain plaisir à aborder la troisième dimension en volumétrie, à tracer des lignes dans l’espace et à jongler avec les chiffres. « Les autres matières ne m’intéressaient que très peu, avoue Phat2, et d’ailleurs je ne faisais jamais l’effort, comme si quelque part je préfigurais mon avenir. » Cet espace réduit aux limites d’un cahier ou d’un tableau noir qui se remplissait de formes et de figures, c’est dans la rue que, plus tard, l’artiste le transposera, et la géométrie s’avèrera un atout très important pour le métier pour lequel il était prédestiné.