«Les événements de Montreuil me font parler de Gandhi»

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Jacques Perconte est l'auteur de Satyagraha, au sein du film collectif «Outrage & Rebellion».
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Jacques Perconte est l'auteur de Satyagraha, au sein du film collectif «Outrage & Rebellion».

 

Pourquoi Gandhi?
L'idée est venue de mon amie qui est professeure de yoga. Les principes de Gandhi et la non-violence me sont apparus pertinents. Gandhi a su donner aux hommes qui l'attendaient une force inouïe. Une force telle qu'il leur a été possible d'aller affronter pacifiquement l'armée britannique pour sauver leur avenir parce que leur vie n'était plus possible dans les conditions imposées par le régime colonial.
Un affrontement pacifique?
Les Indiens marchaient impassiblement, droit vers les militaires qui barraient le passage. Ils avançaient et s'exposaient sans aucune résistance aux violences démesurées de la force à laquelle ils s'opposaient. Gandhi, lors de son procès à Ahmedabad, demande au juge de peser son choix. Soit il l'estime innocent et il démissionne et ce faisant refuse le système qu'il sert. Soit il le reconnaît coupable et le condamne. Et Gandhi demande que cette condamnation soit sévère parce qu'elle est l'expression du mal et qu'elle doit être exemplaire à ce titre. Gandhi prône la non-coopération avec le mal pour la coopération avec le bien.

 

Extrait du discours de Gandhi à Ahmedabad, en mars 1922 : «A mon humble avis, la non-coopération avec le mal est un devoir tout autant que la coopération avec le bien. Seulement, autrefois, la non-coopération consistait délibérément à user de violence envers celui qui faisait le mal. J'ai voulu montrer que la non-coopération violente ne faisait qu'augmenter le mal et, le mal ne se maintenant que par la violence, qu'il fallait, si nous ne voulions pas encourager le mal, nous abstenir de toute violence.»
«La non-violence demande qu'on se soumette volontairement à la peine encourue pour ne pas avoir coopéré avec le mal. Je suis donc ici prêt à me soumettre d'un cœur joyeux au châtiment le plus sévère qui puisse m'être infligé pour ce qui est selon la loi un crime délibéré et qui me paraît à moi le premier devoir du citoyen. Juge, vous n'avez pas le droit, il vous faut démissionner et cesser ainsi de vous associer au mal si vous considérez que la loi que vous êtes chargé d'administrer est mauvaise et qu'en réalité je suis innocent, ou m'infliger la peine la plus sévère si vous croyez que le système et la loi que vous devez appliquer sont bons pour le peuple et que mon activité par conséquent est pernicieuse pour le bien public.»

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