Littérature

Avec Oz et Grossman, sortir de la torpeur

On associe fréquemment leurs noms. Outre qu’ils sont deux des grands romanciers israéliens d’aujourd’hui, ils appartiennent à un « camp de la paix » de plus en plus fragile. Avec d’autres, ils résistent à la « paralysie » qu’évoque David Grossman dans les interventions du recueil Dans la maison de la liberté, et à la « torpeur hypnotique » que déplore Oz dans Chers fanatiques.

Norbert Czarny (En attendant Nadeau)

17 novembre 2018 à 17h56

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On se gardera de confondre les deux recueils et plus encore de n’y voir que des plaidoyers de plus pour une cause perdue. Un point commun les unit cependant : les deux essayistes plaident pour une maison solide : « Qu’est-ce qu’une maison ? C’est un endroit dont les murs – les frontières – sont définis et reconnus ; dont l’existence est stable, solide et confortable ; dont les habitants connaissent les codes intimes ; dont les rapports avec les voisins sont établis ; un endroit qui dégage un sentiment d’avenir. » La définition que propose David Grossman ne correspond guère à ce qu’est Israël, une forteresse. Et l’écrivain d’ajouter, « si les Palestiniens n’ont pas de maison, les Israéliens non plus n’auront pas de maison ». Amos Oz ne disait pas autre chose dans l’un de ses précédents essais : Aidez-nous à divorcer ! Mais aujourd’hui, nul médiateur, avocat ou autre juriste n’aide à divorcer pour construire deux maisons. Et on verra plus loin quelles en sont les conséquences.

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