Vive le vieux jazz de combat !

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Sous une superbe pochette, douze titres d’un free jazz contestataire des années 70 : l’album Mobilisation générale, Protest and Spirit Jazz from France 1970-1976, exhibe tout un pan tombé en désuétude de la chanson française de combat. Pour les nostalgiques à poils durs, il existe même une édition en double album vinyle ! Vidéos et morceaux de musique dans l'article.

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Lorsqu’en 1960, François Tusques, étudiant rêveur, pianiste autodidacte épris de Charlie Parker et Thelonious Monk embarque pour aller combattre en Algérie, il a vingt-deux ans et sait à peine où il met les pieds. Dix-huit mois plus tard, c’est un insurgé qui prend le bateau en sens inverse, révolté par le mépris, le racisme et la torture. Rentré au bercail, écœuré, il rejette tout en bloc, les études, le travail, ne restent que le piano et le jazz, il sera donc musicien. Pendant que de l’autre côté de la Méditerranée, Tusques use ses rangers à courir derrière les fellagas, de l’autre côté de l’Atlantique émerge une musique nouvelle, radicale, étendard de la libération des Afro-Américains et grand-messe d’improvisation collective, le Free Jazz. Ses porte-drapeaux s’appellent Cecil Taylor, Don Cherry et surtout Ornette Coleman. Ébloui, Tusques leur emboîte le pas et enregistre dès 1965 le premier album de free jazz français sobrement intitulé Free Jazz, sur lequel on retrouve entre autre François Jeanneau et Michel Portal.