Le mythe de la virilité n’a pas disparu, il a muté

Par

Les codes caricaturaux du « mâle alpha » ont laissé place à d’autres injonctions sociales pesant sur les hommes, peut-être plus pernicieuses.

Cet article est en accès libre. Découvrez notre offre spéciale ! S'abonner

Dans un livre paru fin 2017 chez Robert Laffont, la philosophe Olivia Gazalé s’intéresse au mythe de la virilité. Elle y retrace de manière précise et détaillée les constructions sociales et culturelles liées aux injonctions qui pèsent sur les hommes, comme les historiens Alain Corbin, Jean‑Jacques Courtine et Georges Vigarelo s’y étaient intéressés en 2013, à travers les trois tomes de l’Histoire de la virilité.

L’originalité du propos de la philosophe est de montrer que les hommes auraient tout à perdre de la domination masculine et tout à gagner de la déconstruction des assignations sexuées qui pèsent sur eux – comme sur les femmes.

Si on peut se réjouir que paraisse cette stimulante réflexion sur le sujet, on sera plus circonspect sur la conclusion de la philosophe quant au déclin d’un « système viriarcal » qui serait pris à son propre piège. La virilité comme modèle normatif nourrit certes un certain malaise et certaines interrogations, mais on peut aussi penser que dans une société obsédée par la performance, l’usage de la virilité ne cesse de se réinventer et de se transformer, pour favoriser la légitimation d’une masculinité hégémonique sous des formes renouvelées.

Prolongez la lecture de Mediapart Accès illimité au Journal contribution libre au Club Profitez de notre offre spéciale