L'Ukraine en terminus de l'Europe

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L'UE, pieds et poings liés à une Amérique affaiblie, s'avère incapable de raisonner une Russie ragaillardie, qui se joue de la poudrière ukrainienne. Petite leçon d'Europe européenne, de Charles de Gaulle à Joschka Fischer...

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La crise ukrainienne impose à l’UE une épreuve qu’elle séchait depuis belle lurette : réfléchir sur sa raison d’être. Une telle introspection politique et stratégique était de mise voilà une cinquantaine d’années. Charles de Gaulle narguait le catéchisme des « cabris » atlantistes, qui ne juraient que par une sorte d’acte de foi relevant de l’Immaculée Conception diplomatique : la construction européenne. Le fondateur de la Ve République, en prophète grinçant, déclenchait un sacré schproum : quelle chimère dissolvante s’édifie ? Au profit de qui ? Avec quelles conséquences ? La controverse fit rage, avant de se perdre dans les quotas laitiers, la protection de l’escargot de Quimper, les réglementations sismiques là où jamais la terre ne tremble. Car sur le Vieux Continent, le débat laissa place aux directives et la noise aux normes. D’où l’intérêt de retrouver cette polémique fondatrice. Elle posait les questions que nous faisons mine de soudainement découvrir, aujourd’hui, à l’est du Dniepr…