En 2004, Raymond Depardon s'est acheté un camion, un utilitaire blanc comme il en circule tant sur les départementales. Il l'a transformé en discret camping-car et six ans durant, au volant, il a sillonné ces mêmes départementales. Deux chambres pour un tour de France: l'une de fortune aménagée dans ce fourgon Trigano passe-partout, l'autre photographique de format 20×25 et de marque RH Philipps, fabriquée artisanalement à Chicago. Loin de répondre cette fois à une quelconque commande, comme ce fut le cas lorsqu'il participa dans les années 80 à la mission photo de la Datar, Raymond Depardon s'est lancé seul dans un immense projet personnel : montrer la France, sa France, celle qu'il aura traversée à l'issue d'un périple dont la trajectoire évite volontairement la campagne trop profonde qu'il a déjà beaucoup montrée ainsi que les centres-villes qui se ressemblent tous, avec leurs rues piétonnes.