Des papillons et des hommes

Par Jean Lacoste (En Attendant Nadeau)

Deux ouvrages qui, chacun à sa manière, dans son univers, plaident pour la singularité, la diversité du vivant et les variétés de l’existence, en réaction à un monde technique uniformisé. Deux appels discrets, l’un en faveur de la biodiversité (signé Romain Bertrand) et l’autre en faveur de l’excentricité (signé Denis Grozdanovitch), fascinants l’un et l’autre par le récit de vies étonnantes.

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Le livre de Romain Bertrand nous invite à faire retour sur nous-mêmes. Que savons-nous d’un pré, demandait déjà Francis Ponge. De l’herbe… Mais encore ? Des graminées ? Du chiendent ? Du pâturin ? Les mots font vite défaut quand il s’agit de décrire (et de détruire) une diversité qu’on ne comprend plus et qu’on asservit à des finalités pratiques. Romain Bertrand, dans un livre en tout point admirable, mémorable, s’attache tout d’abord à faire entendre la voix oubliée de ces grands naturalistes de l’orée du XIXe siècle qui ont tenté de rendre compte de cette diversité dans son intégralité (le « détail du monde »).