Comment EADS est en train d'échapper à la France

Officiellement, il ne s’agit que d’une simple remise en ordre dans le tour de table du groupe européen d’aéronautique et de défense. Dans les faits, le nouveau pacte d’actionnaires qui va régir EADS modifie profondément l’équilibre de la société. La France défend à peine ses positions, sur fond de divorce grandissant avec l'Allemagne.

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« EADS va devenir une entreprise normale. » Au lendemain de l’annonce du nouveau pacte d’actionnaires instauré entre Paris et Berlin le 5 décembre, les dirigeants du groupe européen d’aéronautique et de défense se félicitaient de tourner la page et de sortir enfin de la construction byzantine adoptée au moment de sa création, en 2000. Tout ce qui avait été imaginé à l’époque – de la stricte parité voulue, y compris dans les postes de direction, entre Français et Allemands à la délégation des pouvoirs à deux actionnaires privés, Daimler et Lagardère, totalement défaillants – a abouti à un échec cuisant. Pendant douze ans, le groupe a vécu au rythme des querelles, des règlements de comptes internes et externes, des scandales, des batailles entre Paris et Berlin sur le partage du pouvoir, des plans de charge, des projets d’avenir. « Ce fut une erreur », reconnaît aujourd’hui l'un des promoteurs de ce système juridique échevelé. Tardif aveu !

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