Claude Allègre et le mythe français du MITI

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D'un jour à l'autre, l'arrivée au gouvernement de Claude Allègre, ancien ministre de l'éducation nationale de Lionel Jospin, est annoncée puis démentie. Le microcosme retient son souffle. L'intéressé lui-même se verrait, a-t-il dit, en grand prêtre de l'innovation, à la tête d'une réincarnation française du puissant MITI japonais. Malheureusement, la vision qu'a Claude Allègre de l'innovation au Japon est aussi bien informée que son opinion sur le réchauffement climatique. Parti pris pour l'attribution d'un bonnet d'âne.

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Nul n'est capable de dire avec certitude si Claude Allègre sera la prochaine des vieilles gloires de la «Jospinie» à rejoindre la «Sarkozie» avec armes et bagages, en échange d'un maroquin au sein d'un gouvernement de figurants. Mais il y a un fait acquis: quand il évoque le Japon, Allègre ferait mieux de se taire. L'ancien ministre socialiste de l'éducation nationale a confié qu'il se verrait bien à la tête d'un MITI à la française, pour doter enfin notre pays du moteur de l'innovation qui lui ferait si cruellement défaut, et depuis si longtemps. Pour la «vision», on peut faire mieux. Avec cette référence au (défunt) Ministry of International Trade and Industry du Japon, Allègre nous renvoie à la seconde moitié des années 80, quand les médias et les politiques, en France et ailleurs, s'émerveillaient du «modèle japonais» sans comprendre qu'ils assistaient à son chant du cygne.