Régionales: Dominique Reynié défie Nicolas Sarkozy

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Nicolas Sarkozy le somme de rentrer dans le rang, alors que les instances nationales doivent valider ce samedi les listes pour les élections régionales.

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Alors que le conseil national LR doit valider ce samedi 7 novembre l’ensemble des listes pour les élections régionales, Dominique Reynié, tête de liste Les Républicains-UDI en Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon, prend directement de front Nicolas Sarkozy. Le candidat a  pris sur lui de réécrire sa liste de l’Hérault, arrêtée jeudi soir par la commission nationale des investitures. Plusieurs noms, choisis par l’état-major, ont été rétrogradés ou écartés. L’UDI Joseph Francis a ainsi été rétrogradé de la 3e à la 5e place sur la liste départementale. Le secrétaire départemental LR, Arnaud Julien, est lui éjecté de la liste.

Le premier, chef d’entreprise, a été mêlé à un scandale de fabrication de faux adhérents UDI juste avant la dernière élection à la présidence du parti centriste. Il est présenté pour avoir fait l’élection de Jean-Christophe Lagarde dans cette région. Arnaud Julien, lui, est mis en cause dans une affaire de favoritisme et de détournements de fonds publics alors qu’il était  maire de Juvignac. Son successeur a porté plainte.

Nicolas Sarkozy et Jean-Christophe Lagarde ont très mal pris que leurs candidats aient été écartés au nom d’une opération « mains propres ». Sarkozy a sommé Dominique Reynié de rentrer dans le rang samedi matin lors du conseil national. « En politique, il y a une chose à laquelle j'accorde beaucoup de prix : le respect de la parole donnée », rappelant que Dominique Reynié s’est engagé à respecter les décisions des instances nationales. Un ultimatum plus menaçant a été adressé par un proche de Nicolas Sarkozy sur France 3  : si ­Dominique Reynié ne revient pas sur ces mises à l’écart, il sera « abattu sans sommation, politiquement, ­humainement et financièrement ».Le parti lui donne jusqu'à lundi pour présenter une liste conforme au choix des instances nationales.

« C’est à chaque fois la même chose, la constitution d’une liste se solde inévitablement par des déceptions », s’est justifié M. Reynié, lors d’une conférence de presse vendredi. Celui-ci assure avoir le soutien de l’ensemble des colistiers. M. Reynié explique qu’il a voulu bâtir « une liste avec des élus communaux afin que le futur conseil régional soit une sorte de Sénat régional, avec des élus locaux, des personnes qui par le suffrage ont reçu la confiance de la population ».

Premier mis en cause, Arnaud Julien dénonce « un coup d’éclat provoqué artificiellement pour faire oublier son problème d’inéligibilité ». Selon ses adversaires à droite, Dominique Reynié ne remplirait pas les critères de domiciliation dans la région, lui permettant d’être candidat.

Politologue, enseignant à Sciences-Po Paris, Dominique Reynié s’est fait de très nombreux ennemis. Plusieurs élus de droite n’ont pas supporté le parachutage de cet universitaire parisien, originaire de l'Aveyron. Il n’avait réussi à s’imposer sa candidature face aux barons locaux qu’avec le soutien du maire (LR) de Toulouse, Jean-Luc Moudenc.

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