Des femmes dénoncent les agressions et harcèlements sexuels de Denis Baupin

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Le harcèlement sexuel est défini par l’article 222-33 du Code pénal. « Le harcèlement sexuel est le fait d'imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante. Est assimilé au harcèlement sexuel le fait, même non répété, d'user de toute forme de pression grave dans le but réel ou apparent d'obtenir un acte de nature sexuelle, que celui-ci soit recherché au profit de l'auteur des faits ou au profit d'un tiers. »

L’agression sexuelle est définie par l’article 222-22 du Code pénal. « Constitue une agression sexuelle toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise. »

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Contacté à de multiples reprises par Mediapart et France Inter, depuis le 2 mai, Denis Baupin n’a pas répondu à nos demandes d’entretien, et nous a aussitôt renvoyés vers ses avocats. Les avocats de Denis Baupin nous ont demandé, le 2 mai en fin de journée, de leur envoyer une liste de questions par écrit. Ce que nous avons fait le 3 mai. Le 4 mai, ils ont refusé que leur client y réponde (ou même d’y répondre eux-mêmes) et nous ont menacés de poursuites.

Le 4 mai, j’ai de nouveau insisté auprès des avocats de Denis Baupin, par mail. En voici un large extrait : « Je me permets d’insister de nouveau auprès de vous sur la nécessité d’avoir un échange de vive voix avec votre client, M. Denis Baupin, pour Mediapart, et avec mon confrère de France Inter Cyril Graziani. Vous savez que, dans ce type d’enquête, particulièrement sensible, nous devons tout faire pour veiller à la protection des sources et des témoins. Si nous avons un échange de vive voix avec votre client, M. Denis Baupin, je pourrais ainsi l’interroger sur le témoignage suivant : « J’ai reçu pendant plusieurs mois des SMS d’incitation sexuelle de M. Baupin. » Vous comprendrez bien qu’à ce stade de nos échanges, nous sommes obligés de garder l’anonymat car nous redoutons des pressions extrêmement fortes sur les témoins (... )

Je vous rappelle également que j’ai adressé ma première demande de rendez-vous auprès de votre client, M. Denis Baupin, lundi 2 mai, par SMS et par mail, à 12 h 55. Je me suis de nouveau adressée à lui, lundi 2 mai, à 16 h 25, pour lui rappeler mon attachement au respect du contradictoire. Mardi, je lui ai adressé une nouvelle demande de rendez-vous, là encore par SMS et par mail, à 11 h 52. Mercredi 4 mai, j’ai de nouveau sollicité M. Denis Baupin, par SMS et par mail, à 12 h 07. Parallèlement, je vous ai écrit un mail, à la demande de votre client, lundi 2 mai, pour solliciter un rendez-vous avec lui. Vous m’avez répondu par email dans la soirée du lundi en me demandant de vous adresser des questions par email. Ce que j’ai fait mardi 3 mai à 15 h 32.

Je me tiens donc, plus que jamais, à votre disposition, pour un échange de vive voix avec votre client, M. Denis Baupin. »

Dès le 8 avril, les avocats de Denis Baupin, manifestement avertis qu’une enquête était en cours, avaient adressé un courrier au directeur de publication de Mediapart, nous mettant « en demeure » de ne rien publier. Une procédure bien inhabituelle.

Toutes les personnes citées ont été interrogées dans le cadre de cette enquête, qui a duré plusieurs mois, menée conjointement par Mediapart et par le journaliste de France Inter Cyril Graziani. Certaines ont demandé l’anonymat.

On peut lire sous l’onglet Prolonger de cet article les définitions juridiques, dans le Code pénal, du harcèlement sexuel et de l’agression sexuelle.