Avec la crise, l’heure de Keynes a-t-elle (encore) sonné?

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C’est comme une mécanique bien huilée : à chaque crise, la figure de Keynes fait son retour. Et certains s’inquiètent déjà de voir Bercy aux mains des adeptes de l’économiste anglais. Mais le keynésianisme est un mouvement plus complexe qu’on ne le pense souvent…

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Le 6 octobre dernier, Le Monde se posait cette question, sans vraiment y répondre : le ministre de l’économie, des finances et de la relance, Bruno Le Maire, serait-il « devenu un keynésien, adepte de la relance budgétaire et de l’intervention de l’État » ? La question n’est, en réalité, pas anodine. Elle pose des enjeux politiques et économiques majeurs. Car, derrière cette question se pose la question d’un prétendu « tournant vers la gauche » de la politique économique du gouvernement, un tournant qui passerait par l’abandon de la « bonne gestion » des comptes publics dont Le Monde, précisément, s’alarme dans un éditorial d’inspiration ordolibéral du 7 octobre. Mais ce « tournant » peut aussi avoir des conséquences politiques en faisant revenir vers le macronisme une partie de l’électorat de centre-gauche qui l’a abandonné depuis le début du quinquennat.