Prisons: le retour de la démagogie sécuritaire

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Même le président Nicolas Sarkozy a récemment affirmé que les prisons françaises sont «une honte pour la République». Pourtant, au moment de réformer le système pénitentiaire en profondeur, le consensus se fissure dans la majorité présidentielle. Les arguments les plus sécuritaires sont dégainés, du côté de l'UMP, alors que s'ouvrent les débats sur la loi pénitentiaire devant l'Assemblée nationale, mardi 15 septembre.

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Qui vient d'affirmer que les prisons françaises sont «une honte pour la République»? Le président Sarkozy a fait cette déclaration solennelle, le 22 juin 2009, devant le Parlement réuni en congrès à Versailles. Quel parti politique français a écrit: «La politique pénitentiaire n'est toujours pas à la hauteur d'un Etat de droit. Loin de favoriser la réinsertion, le séjour en prison alimente l'exclusion, le ressentiment et le désarroi des détenus, en raison des très mauvaises conditions de vie au sein des établissements, du peu de droits qui leur sont reconnus et de la faiblesse du temps consacré à la préparation de leur sortie»? L'UMP, en mai 2006, lors de sa Convention sur la justice. On était loin, alors, du populisme pénitentiaire.