A Paris, 225 voix sauvent encore une fois Jean Tiberi

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Jean Tiberi a devancé de peu son adversaire socialiste, dans son fief du Ve arrondissement parisien. Lyne Cohen-Solal, poussée par la vague rose qui submergeait la capitale, a d'abord cru à sa victoire. Reportage video.
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Quand le frère de Lyne Cohen-Solal, vers 20h45 dimanche 16 mars, a déboulé à la mairie du Ve, au milieu des micros et des vieilles dames à chapeau, l’heure de Jean Tiberi semblait avoir sonné. Envoyé par la candidate socialiste, cet éclaireur a pris possession du perron, puis du hall, tandis que le maire sortant UMP, 25 ans de maison, restait cloîtré au premier étage, avec quatre points de retard selon les premières estimations (46% des voix contre 42%).

 

L’opiniâtre Lyne Cohen-Solal, après quatre tentatives infructueuses à des scrutins législatifs ou municipal antérieurs, paraissait en mesure de battre cette fois son éternel rival, conseiller de Paris depuis 1965, élu en 2001 contre son propre camp RPR (qui lui avait préféré Henri Guaino dans le Ve au nom d’une certaine moralisation de la chose publique). Bref, la vague rose perceptible partout en France menaçait jusqu’à l’indéboulonnable Jean Tiberi, 73 ans, renvoyé à la mi-février devant le tribunal correctionnel dans l’affaire des "faux électeurs", en compagnie de sa femme Xavière et de son ex-directrice de cabinet (en bonne place sur sa liste aujourd’hui).
Mais au quartier général de Lyne Cohen-Solal, vers 21h15, l’ambiance a vite commencé de tourner. Un jeune homme en cravate, en contact téléphonique avec les assesseurs socialistes des bureaux de vote de l’arrondissement, s’est mis à débiter de mauvais chiffres. Vers 21h30, quand la candidate a passé une tête, elle n’y croyait déjà plus guère :


Dans la pièce minuscule, on a aussitôt pesté contre le candidat du Modem, le journaliste Philippe Meyer, accusé d’avoir maintenu sa liste entre les deux tours et d’avoir capté surtout des électeurs de gauche. On a raillé le «clientélisme» des sortants, ou les récents coups de fil de Xavière Tiberi aux personnes âgées absentéistes du premier tour. A la mairie, le frère a rapidement décampé, tandis que les employés municipaux ouvraient la salle des Fêtes, sous les vivats. A 21h45, des proches de Jean Tiberi, portés par la foule, ont toutefois essuyé la colère d’une poignée de militants de gauche "infiltrés" : «Tiberi, en prison ! Tiberi, en prison !»:

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