Du «groupe de Tarnac» au Printemps, l'antiterrorisme à toutes les sauces

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L'agenda médiatique du mardi 16 décembre aura été dominé par un risque d'attentat dans un grand magasin parisien. Le lendemain, l'affaire avait fait long feu. Mais la logique antiterroriste a conduit à renforcer un plan Vigipirate – toujours en alerte «rouge» depuis trois ans. Comme elle a conduit, depuis des années, à renforcer un arsenal législatif utilisé dernièrement contre les jeunes de Tarnac, accusés d'actes de sabotage contre la SNCF... Ce système antiterroriste «à la française», toujours moins soucieux des libertés, est régulièrement dénoncé. Mais, à chaque nouvelle alerte, le jugement critique paraît anesthésié.

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Tout indique aujourd'hui que les explosifs dissimulés dans le grand magasin du Printemps Haussmann ne relevaient pas du terrorisme islamiste. On sait maintenant que les cinq bâtons de dynamite étaient anciens et démunis de tout système de mise à feu. La lettre de revendication, envoyée par la poste du XIXe arrondissement de Paris, ne comporte aucune référence religieuse. Son «Front révolutionnaire afghan» est inconnu au bataillon, ses mots («révolutionnaire», «grands magasins capitalistes») sont étrangers à des islamistes afghans.