Emeutes à Villiers-le-Bel: le grand désordre policier

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Manque d'effectifs, manque de coordination, des manœuvres mal ou non dirigées, des ordres et des contre-ordres en pagaille: retour sur les affrontements de Villiers-le-Bel de novembre 2007, et l'étonnante désorganisation policière à l'origine des deux rapports internes révélés par Mediapart ce 18 mars.

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Les deux rapports de police, révélés ce matin par Mediapart, sont centrés sur les événements violents de Villiers-le-Bel, survenus à la suite du choc mortel de deux adolescents à moto et d’une voiture de police, le 25 novembre 2007. En un sens, ils sont accablants pour les forces de l’ordre. Du moins, sur le volet gestion de crise. Ils expliquent en partie pourquoi les deux premiers soirs, et cela n’avait jamais été dit, il y eut tant de blessés chez les policiers par tirs de plomb de chasse ou de grenaille : soixante-quinze, selon un comptage définitif.
Un passage de la note de la Direction centrale des CRS résume l’ambiance qui règne alors dans les rangs policiers. «Des moyens tactiques fondamentaux, l’information est celui qui fait le plus défaut aux compagnies, condamnées à détecter les pièges en tombant dedans. A de nombreuses reprises, la possession d’une information même très sommaire sur le position des regroupements adverses aurait été de nature à inverser le rapport de force.»
C’est en fait le rapport de synthèse de la Direction centrale de la Sécurité publique (DCSP) qui est le plus précis. Le plus minutieux. Le plus chronologique. Logique: son auteur, Eric Le Douaron, souhaite que ses services soient mis en avant sur les questions de maintien de l’ordre. Alors, il se dédouane et charge… ses collègues. D’abord, le moment du début des troubles : «Peu avant 17h, il s’agit pour la sécurité publique du créneau horaire le plus critique, celui où la présence des effectifs est la plus tenue».Une première compagnie de CRS arrive sur Villiers-le-Bel à 19h31, une autre à 20h, une troisième à 20h18.