Dossier: Sciences-Po, la fuite en avant et les scandales Note de veille

Sciences-Po: le système Descoings au scalpel

Sciences-Po sous toutes les coutures: financement, communication, ambiance, ressources humaines. Son prestige républicain, son flamboyant directeur, ses professeurs médiatiques, ses chercheurs innovants. Son clientélisme, ses discussions d'antichambre, son manque de concertation, sa personnalisation du pouvoir. Mediapart a consacré une longue enquête à la face cachée deSciences-Po. Où l'on découvre que l'envers du décor est parfois loin,très loin de la belle image renvoyée par l'établissement de la rueSaint-Guillaume.

Jade Lindgaard

18 octobre 2009 à 00h13

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Interview de Richard Descoings, 8 octobre 2009. © 

Pendant une semaine, Mediapart a disséqué Sciences-Po. Sous toutes les coutures: financement, communication, ambiance, ressources humaines. Et aussi clientélisme, discussions d'antichambre, manque de concertation, personnalisation du pouvoir. Parce que la rue Saint-Guillaume est toujours brandie pour critiquer l'université et en déclarer la faillite. Parce que l'Institut d'études politiques s'est transformé en véritable entreprise: plus sérieuse, plus internationale, plus grosse, plus riche, plus ambitieuse, plus branchée, plus populaire. Parce que le « succès » de son directeur Richard Descoings en fait un éternel candidat aux maroquins ministériels.

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Bienvenue à la Cour du roi Richard!

Richard Descoings règne en maître tout-puissant sur son école. En distribuant avantages matériels et «petites enveloppes», il a mis en place un «système de carottes», clientéliste et autoritaire.

Richard Descoings, 8 octobre 2009 (entretien: Sophie Dufau et Jade Lindgaard) © 

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Une vertigineuse course aux financements

Malgré son aspect bling-bling et un discours décomplexé sur le mécénat d'entreprise totalement assumé par sa direction, Sciences-Po est en réalité toujours majoritairement financé par l'Etat et les collectivités locales. Sans que ces subsides publics ne soient soumis à un réel contrôle. Prise dans une course effrénée aux financements, l'école multiplie les collaborations parfois très étroites avec les multinationales qui la soutiennent: pétrodollars, cursus Lagardère, bourses L'Oréal fleurissent rue Saint-Guillaume. Deuxième volet de notre enquête sur Sciences-Po.

Richard Descoings, 8 octobre 2009 (entretien: Sophie Dufau et Jade Lindgaard) © 

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Un «new management» version «management de la peur»

Rémunérations des salariés liées à la satisfaction des étudiants, formulaires d'évaluation obligatoires, cours remplacés par des vidéos en ligne, américanisation des diplômes: Sciences-Po vit à l'heure du «new management». L'école se veut «une entreprise de services d'éducation». Cette mutation, accompagnée d'un cycle de réformes permanentes depuis 13 ans, a dégradé les conditions de travail des personnels dans l'indifférence générale. Certains d'entre eux dénoncent pourtant un «management de la terreur», fait de stress et de coups d'éclat permanents.

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Une stratégie de communication qui élimine les questions gênantes

Entre Sciences-Po et les médias français, c'est la lune de miel. Très peu de voix critiques à son encontre se font entendre. Mais le prestige de l'école et son pouvoir d'attraction n'expliquent pas tout. Sous l'égide de son directeur, l'IEP a mis en place une stratégie de communication redoutablement efficace.

Richard Descoings, 8 octobre 2009 (entretien: Sophie Dufau et Jade Lindgaard) © 

5. Les dirigeants de Sciences-Po touchent des superbonus

Les directeurs de Sciences-Po ont gagné en moyenne 142.391 euros cette année. Des primes de plusieurs centaines de milliers d'euros par an aux cadres dirigeants, et une gestion des bonus des salariés des plus opaques: Richard Descoings entame son quatrième mandat à la tête d'une institution plus bling bling que jamais.

6. A Sciences-Po, il n'y a pas que les super bonus

Après nos révélations sur les superbonus de ses dirigeants, la prestigieuse école de la rue Saint-Guillaume est en ébullition. Au CE qui s'est tenu jeudi, le bureau a carrément démissionné. Or, l'épluchage des comptes de Sciences-Po révèle d'autres surprises: factures de téléphone astronomiques, voyages et frais de mission de plusieurs millions d'euros chaque année...

7. Quand Sciences-Po salarie son contrôleur

Le magistrat de la Cour des comptes qui a lancé le contrôle de Sciences-Po est aussi salarié par la Fondation nationale des sciences politiques. Un conflit d'intérêts qui illustre les relations particulières entre l'école et la haute fonction publique.

Jade Lindgaard


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