mot de passe oublié
Live
Parrainnez vos amis

Rendez-vous en direct du Palais des sports de Grenoble dès 16h

Jusqu'à minuit, profitez de notre offre spéciale d'abonnement : 6 mois à 20€ (au lieu de 54€)

ABONNEZ-VOUS
Mediapart dim. 7 févr. 2016 7/2/2016 Dernière édition

Amis de Sarkozy : séquence nostalgie

20 février 2013 | Par Marine Turchi

Trois mois après son congrès fratricide et huit mois après le retrait de son ancien leader, l'UMP, déboussolée, regarde encore dans le rétroviseur. L'association des « Amis de Nicolas Sarkozy », emmenée par Brice Hortefeux, organisait ce mardi une journée d'auto-congratulations et de culte du chef.

Cet article est en accès libre.

« Attendez, restons sur le sujet ! Ce n’est pas une conférence de presse, c’est un point presse. » Mardi matin, dans la salle de presse de la Maison de la chimie, à deux pas de l’Assemblée nationale, Brice Hortefeux recadre d'entrée les discussions après la question d’un journaliste qui osait s’interroger sur le « droit d’inventaire » de l’UMP. Pour l'ami de trente ans, l’objectif de ce colloque des « Amis de Nicolas Sarkozy » est « d’adresser des messages d’affection, de reconnaissance, de fidélité et de confiance » à l’ancien chef de l’État. Pas de se lancer dans une autocritique de son quinquennat.

Pas question, donc, de se laisser gâcher la fête par Jean-Pierre Raffarin, qui, la veille, a descendu le bilan des cinq années de sarkozysme, dans L'État de l'opinion, la revue de TNS Sofres. Lorsqu'un journaliste se risque à évoquer les propos de l’ancien premier ministre, Hortefeux moque l’impertinent (« Il y a un journaliste comique au premier rang ») et réplique : « Je ne peux que regretter que Jean-Pierre Raffarin n’ait pas mis autant d’énergie dans la campagne présidentielle. » « C'était la raffarinade du jour », tente de minimiser Nadine Morano, auprès d'une poignée de journalistes.

Plusieurs mois qu’on ne les avait plus vus sur le devant de la scène. Après avoir lancé l’association en mai, et organisé un premier rassemblement à Nice en août, les sarkozystes historiques organisaient à la Maison de la chimie un premier colloque sur « la place de la France dans le monde durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy ». Une journée pour glorifier son action internationale, thème plus consensuel que son bilan social et économique.

C. Estrosi, N. Morano et B. Hortefeux sur l'estrade, mardi. © MT C. Estrosi, N. Morano et B. Hortefeux sur l'estrade, mardi. © MT

À 9h30, Brice Hortefeux (président de l’association), Nadine Morano (trésorière), Christian Estrosi (secrétaire général), Claude Guéant (vice-président), le revenant Alain Joyandet (secrétaire général adjoint, qui avait dû démissionner du gouvernement Fillon pour usage abusif d'avion) arrivent en file indienne en salle de presse pour expliquer que l'association fait face à un « afflux d’adhésions » depuis la mise en place de son nouveau site Internet, il y a deux semaines. La nostalgie gagne tous les rangs. « Ah, ça fait du bien quand le succès revient ! » commente à voix haute une journaliste.

Au programme de la journée, trois tables rondes, prétexte pour se livrer à six heures de glorification de l'action de leur « leader politique moral » (dixit Christian Estrosi), du « leader naturel de la droite française » (dixit Guillaume Peltier). L’UMP a perdu toutes les élections depuis 2007, alors elle tient à revisiter l’histoire à sa manière. « Revisiter cinq années d'action de Nicolas Sarkozy », le mot est d’ailleurs de Brice Hortefeux, qui vante la « France forte dans le monde » de son mentor. Pour que le message soit efficace, un « petit film » est projeté. Libération d’Ingrid Betancourt, des infirmières bulgares, de Gilad Shalit, cessez-le-feu en Géorgie, crise en Côte d’Ivoire, visite des troupes françaises en Afghanistan, processus de paix au Proche-Orient, intervention en Libye, amitié franco-allemande, présidence du G20, de l’Union européenne, discours devant le congrès américain, devant l’assemblée générale des Nations unies : le quinquennat est retracé avec un montage à la sauce UMP, ponctué de formules de Tony Blair (en 2007), Angela Merkel, Barack Obama.

La salle de la Maison de la Chimie, mardi après-midi. © MT La salle de la Maison de la Chimie, mardi après-midi. © MT

Dans la salle, « un millier de personnes » selon les organisateurs. « Des parlementaires et des adhérents de l’Association », explique Nadine Morano, qui assure à Mediapart que les Amis de Nicolas Sarkozy comptent actuellement « entre 30 000 et 40 000 » adhérents. La salle de la Maison de la chimie est pourtant bien loin d'être pleine (voir notre photo) et l'ambiance est morose. Dans les premiers rangs et sur l’estrade, se succèdent des anciens conseillers (Henri Guaino, Claude Guéant, Jean-David Levitte), des sarkozystes historiques (Patrick Balkany, Frédéric Lefebvre, Pierre Lellouche, Éric Ciotti, Olivier Dassault), d’anciens ministres (Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet, François Baroin, Henri de Raincourt, Alain Joyandet, Christine Boutin), des sarkozystes de la dernière heure (Guillaume Peltier), des députés européens (Arnaud Danjean, Constance Le Grip).