A Mayotte, personne ne sait « comment s'en sortir »

Par Olivia Muller

Dans le dernier-né des départements français, en marge des meetings électoraux, la population, ravagée par la pauvreté et la difficulté d’accéder aux mêmes droits qu’en métropole, commence à questionner les dysfonctionnements de la République.

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Mayotte, envoyée spéciale -. « Ici, le président du conseil général est une figure, un personnage bien plus connu que le chef de l’État », annonce Samuel, instituteur à Passamainty, village au centre-est de Mayotte. Réunions politiques quotidiennes, banquets, places enguirlandées… Du nord au sud de l’île, la semaine précédant les élections départementales, Mayotte était en fête. À la veille du premier tour, sur la petite place de Kawéni, un peu au nord de Passamainty, les femmes, nombreuses, attendent de pied ferme l’ultime meeting des candidats. En salouva, le vêtement traditionnel, elles patientent au rythme du maoulida chengé, un chant religieux craché par des enceintes orientées vers les ruelles alentour. Une marée d’enfants et quelques hommes viennent se joindre à elles. Enthousiastes, la plupart des habitants rencontrés déclarent aller voter « essentiellement pour l’emploi… », tandis que les plus jeunes disent vouloir manifester leur espoir : « Les choses doivent changer à Mayotte. Trop de corruption, trop de mensonges. » Si bien qu’au premier tour, le taux de participation s’est élevé à 62 %.