Syndicats, "Gilets jaunes" et "black-blocs" : le 1er-Mai s'annonce tendu

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Le dispositif policier sera important mercredi, surtout à Paris, pour prévenir tout débordement lors des défilés du 1er-Mai, rejoints cette année par les "Gilets jaunes" déçus par annonces d'Emmanuel Macron et les militants radicaux "black blocs".
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PARIS (Reuters) - Le dispositif policier sera important mercredi, surtout à Paris, pour prévenir tout débordement lors des défilés du 1er-Mai, rejoints cette année par les "Gilets jaunes" déçus par annonces d'Emmanuel Macron et les militants radicaux "black blocs".

Signe de l'inquiétude, Emmanuel Macron a soulevé le sujet en conseil des ministres, réclamant d'être "extrêmement ferme" avec ceux qui n'ont pour objectif "que le désordre et la violence", a dit la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

Selon une source policière, les services de renseignement craignent la venue de 1.500 à 2.000 "black blocs" à Paris, où le préfet de police a ordonné la fermeture des commerces, débits de boisson et restaurants sur le parcours du cortège intersyndical, le temps de la manifestation.

"Le refus de la violence par les syndicats est net, clair et sans aucune ambiguïté", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, lors d'une conférence de presse à la veille de cette journée où sera de nouveau mise à l'épreuve la stratégie de forces de l'ordre éprouvées par des mois de troubles sociaux.

Comme l'an dernier, des individus violents pourraient infiltrer les rassemblements organisés par les syndicats ou les "Gilets jaunes" ayant répondu à l'appel à manifester, diffusé via les réseaux sociaux, pour la 25e journée depuis novembre.

L'an dernier quelque 143.500 personnes selon les autorités - 210.000 selon la CGT - avaient défilé pour la Fête du travail, qui avait été marquée par de nombreuses violences.

Cette année partout en France, les syndicats manifesteront en ordre dispersé pour ce 1er-Mai, qui marque l'avènement de la journée de travail de huit heures.

MARINE LE PEN À METZ

La CGT prévoit 233 rassemblements, dont un à Paris entre la gare Montparnasse et la place d'Italie. Le syndicat est soutenu par la FSU, Solidaires et les organisations étudiantes UNEL et UNL, a précisé à Reuters le secrétaire confédéral Fabrice Angeï.

Force ouvrière, comme à son habitude pour cette journée, n'a pas lancé d'appel national à la mobilisation et laissé ses unions départementales et fédérations organiser leurs propres rassemblements ou se joindre aux actions d'autres syndicats.

La CFDT, la CFTC, l'UNSA et le syndicat étudiant FAGE, considérés comme des organisations plus réformistes, prévoient un rassemblement commun à Paris en fin de matinée.

"Dans une journée qui a un côté un peu historique, traditionnel, on privilégie habituellement le rassemblement de nos propres forces, nos propres troupes autour de nos fondements, nos valeurs", a expliqué à Reuters le secrétaire général de FO, Yves Veyrier.

La CGT appelle à la plus grande convergence des luttes possible, rassemblant autant les "Gilets jaunes", qui en sont à leur 24e journée d'action depuis novembre, que les salariés, retraités, chômeurs, étudiants.

"Il s'agit de montrer au président et au gouvernement que ces choix politiques, nous les contestons et que nous proposons d'autres choses", a dit lundi sur RTL son secrétaire général, Philippe Martinez, quatre jours après la conférence de presse présidentielle qui a débouché lundi à Matignon sur un programme de travail établi jusqu'à l'automne.

LA CGT A PRIS DES MESURES

La CGT a pris "les mesures adéquates" pour assurer la sécurité dans son cortège parisien, a précisé Fabrice Angeï.

Les annonces d'Emmanuel Macron pour répondre à la crise sociale ne suffiront pas à calmer la contestation, préviennent les syndicats.

"On ne peut pas attendre quelque chose de bon quand le président de la République dit : 'on continue, on ne change rien', c'est se moquer des dizaines de milliers de salariés, de chômeurs, de jeunes, qui se mobilisent depuis des mois et des mois", a dit Philippe Martinez.

Au chapitre politique, la journée du 1er-Mai est traditionnellement célébrée par le Rassemblement national, dont la présidente Marine Le Pen se déplacera à Metz (Moselle), entourée des candidats de la liste de son camp aux élections européennes du 26 mai. Un "banquet patriotique" est prévu avant une prise de parole de la cheffe de parti.

Son père Jean-Marie Le Pen, 90 ans, co-fondateur du Front national devenu Rassemblement national dont il a été exclu en 2015, sacrifiera quant à lui à la tradition d'un dépôt de gerbe au pied de la statue de Jeanne d'Arc, à Paris, et d'un discours.

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