Mediapart révèle le contenu du document de synthèse de l’enquête judiciaire sur l’affaire du chantage à la sextape à la mairie de Saint-Étienne. Les magistrats y insistent sur la « particulière gravité » des faits mis au jour.
Les juges d’instruction saisis de l’affaire ont ordonné un procès contre le maire de Saint-Étienne, soupçonné d’avoir piégé son adjoint avec une sextape. Avec trois de ses complices présumés, il sera jugé pour chantage, détournement de fonds publics et association de malfaiteurs.
Après deux ans et demi d’enquête, le parquet de Lyon a demandé la tenue d’un procès contre Gaël Perdriau dans l’affaire du chantage à la sextape à la mairie de Saint-Étienne. L’implication de l’élu dans l’organisation de ce piège est « évidente », d’après l’accusation.
L’affaire porte sur des soupçons de chantage exercé contre l’ancien premier adjoint Gilles Artigues, un rival potentiel du maire, filmé dans une chambre d’un hôtel parisien en janvier 2015, en train de se faire masser par un escort-boy. Une affaire révélée par Mediapart.
Les dernières confrontations devant les juges ont révélé l’isolement de l’élu face à la version des autres protagonistes de l’affaire du chantage à la sextape. Mais ses avocats multiplient les demandes procédurales, éloignant la perspective d’un jugement avant les prochaines municipales.
Devant les juges d’instruction, l’ancien adjoint Samy Kéfi-Jérôme, qui avait caché une caméra pour piéger un de ses collègues dans une chambre d’hôtel, a présenté Gaël Perdriau comme l’un des « commanditaires » de l’opération. Le maire est lâché de toutes parts, tandis que se profile la fin des investigations.
Gaël Perdriau a été mis en examen le 19 janvier pour des faits d’« association de malfaiteurs » et de « détournement de fonds publics » dans l’affaire du chantage à la vidéo intime. De quoi rendre l’atmosphère politique plus irrespirable encore.
Alors que le maire de Saint-Étienne est à nouveau convoqué vendredi devant les juges d’instruction, il refuse toujours de quitter son poste. Mediapart a révélé que son directeur de cabinet a pointé la responsabilité directe de l’édile dans l’affaire.
Pièce maîtresse de l’opération de chantage à la sextape, l’ex-directeur de cabinet de Gaël Perdriau vient de faire des déclarations retentissantes aux juges chargés de l’enquête, selon les informations de Mediapart. Pierre Gauttieri a écopé d’une nouvelle mise en examen pour « association de malfaiteurs ».
Après le piège à la sextape contre le premier adjoint de la ville, l’équipe de l’actuel maire de Saint-Étienne a élaboré un autre complot crapuleux. Le plan : attirer l’ancien édile de droite Michel Thiollière dans les bras d’une prostituée de « 16 ans » originaire des pays de l’Est, et le filmer à son insu. Mediapart diffuse les extraits vidéo d’une réunion préparatoire, lors de laquelle les membres du clan Perdriau envisagent un suicide de l’ex-maire. « On s’en branle », concluent-ils.
À partir de documents inédits recueillis par la police et la justice, Mediapart publie une nouvelle série de révélations sur l’affaire de la sextape de Saint-Étienne, qui vaut au maire de la ville, Gaël Perdriau, une mise en examen pour « chantage ». Plusieurs de ses proches, dont son ancien directeur de cabinet et son ex-adjoint à l’éducation, sont également poursuivis.
Les trois juges d’instruction qui ont mis en examen le maire de Saint-Étienne pour chantage sur son adjoint ont prévu un cautionnement de 60 000 euros dans le cadre de son contrôle judiciaire.
Pierre Gauttieri a été placé, lundi 19 juin, en détention provisoire pour « non-respect de son contrôle judiciaire », n’ayant pas payé dans les délais la caution fixée après sa mise en examen, selon le parquet de Lyon.
Dix mois après nos premières révélations, la victime du chantage à la sextape de Saint-Étienne, Gilles Artigues, prend pour la première fois la parole dans notre enquête vidéo. Accompagné de sa femme et de ses enfants, il raconte les huit années de calvaire durant lesquelles le maire et son clan l’ont tenu « en laisse ». Une opération sordide et homophobe montée avec de l’argent public.
Sept mois après les révélations de Mediapart, Gaël Perdriau a été mis en examen pour « chantage » à la vidéo intime contre un de ses adjoints. L’ancien directeur de cabinet du maire et deux autres protagonistes de ce complot sont également poursuivis pour des faits de chantage mais aussi pour l’usage de fonds publics ayant pu permettre de financer l’opération.
Le maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau, a été convoqué ce mardi pour être placé en garde à vue dans l’affaire du chantage à la sextape visant son ancien premier adjoint, Gilles Artigues. C’est aussi le cas de son ancien directeur de cabinet Pierre Gauttieri, de son ancien adjoint à l’éducation, et de Gilles Rossary-Lenglet, qui se présente comme l’un des protagonistes du complot. Retrouvez notre enquête.