Avant la présidentielle, la Côte d’Ivoire craint le retour des violences sanglantes

Par Olivia Macadré

À neuf semaines d’une élection présidentielle capitale – la première initialement censée permettre de transférer de manière pacifique le pouvoir à des acteurs nouveaux depuis la crise de 2010-2011, qui avait fait plus de 3 000 morts –, les signaux encourageants posés en début d’année sont déjà en train de s’éloigner. 

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Abidjan (Côte d’Ivoire).– En l’espace de quelques jours, Alexandre Didier Amani, coordinateur du mouvement citoyen Tournons la page en Côte d’Ivoire, a appelé quatre ou cinq fois. « Rappelez-moi, c’est urgent. » Au bout du fil, sa voix, généralement rauque et posée, est pincée, comme essoufflée. « Je suis menacé depuis plusieurs jours. Je pense que c’est sérieux. » Très vite, il transfère via une application de messagerie cryptée des captures d’écran et des enregistrements de coups de fil.