Une natalité censitaire condamne le Japon au déclin démographique

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La démographie déclinante du Japon, anticipant celle d'une grande partie du monde développé, est un frein permanent à la croissance. Entre l'accoutumance au déclin et la correction d'une natalité inégalitaire, le système politique est incapable de choisir.

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Quand le chantier de construction a été lancé, un jeune habitant de Minami-Azabu, quartier fortuné du centre de Tokyo, s’est dit qu’il s’agirait sans doute d’une énième maison de retraite. Mais, rare bonne surprise dans un pays qui marche devant le reste du monde développé sur le chemin du déclin démographique et où les écoles ferment par centaines, la municipalité de Minato-ku a ouvert en 2014 un « hall des enfants », vaste et lumineux, pour les jeunes mères du quartier. Toutefois, nuance-t-il, « Minato-ku est riche et ils ont absolument besoin d’attirer de nouveaux résidents car la crise démographique y est encore plus grave qu’ailleurs ». Et Azabu Plaza n’est pas exactement une crèche. Parfaite illustration d’une natalité en quelque sorte censitaire, où la possibilité d’avoir des enfants est progressivement réservée aux ménages qui ont des moyens. Beaucoup de moyens.