Enquête russe: La Maison blanche a demandé à McGahn d'exonérer Trump

Par
La Maison blanche a demandé à l'ancien conseiller juridique de la présidence, Don McGahn, de déclarer publiquement que Donald Trump n'avait pas tenté de faire obstacle à la justice dans le cadre de l'enquête sur l'ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016, rapporte samedi le New York Times citant deux sources au fait de ce dossier.
Cet article est en accès libre. Découvrez notre offre spéciale ! S'abonner

WASHINGTON (Reuters) - La Maison blanche a demandé à l'ancien conseiller juridique de la présidence, Don McGahn, de déclarer publiquement que Donald Trump n'avait pas tenté de faire obstacle à la justice dans le cadre de l'enquête sur l'ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016, rapporte samedi le New York Times citant deux sources au fait de ce dossier.

Ces requêtes ont été relayées à deux reprises au moins, poursuit le journal.

D'abord avant la publication du rapport du procureur spécial Robert Mueller, mais à un moment où les avocats de la Maison blanche en disposaient déjà. Puis après la publication d'une version expurgée des 448 pages couvrant près de deux ans d'enquête sur l'ingérence russe dans la campagne de 2016.

McGahn, ajoute le New York Times, a refusé de s'exécuter.

Ces épisodes, écrit le New York Times, montrent à quel point la Maison blanche s'est employée à repousser l'idée selon laquelle Donald Trump a pu tenter d'entraver l'enquête confiée au procureur Mueller.

Dans son rapport, le procureur spécial ne conclut pas que Trump s'est rendu coupable d'un délit d'obstruction au cours de la justice mais ne l'en exonère pas davantage et recense une dizaine de cas qui semblent montrer que le président a tenté de freiner l'"enquête russe".

Le rapport Mueller raconte notamment comment, en juin 2017, un mois après la nomination du procureur spécial, le président a donné instruction à McGahn, qui était alors conseiller juridique de la présidence, de déclarer qu'il y avait des conflits d'intérêt autour de la personne de Robert Mueller et de recommander qu'il soit limogé.

Trump a formellement démenti ce passage. "Contrairement à ce qui a été dit par les spécialistes des fake news, je n'ai jamais demandé au conseiller de la Maison blanche Don McGahn de virer Robert Mueller, quand bien même j'en avais le droit. Si j'avais voulu virer Mueller, je n'aurais pas demandé à McGahn, de le faire, j'aurais pu le faire moi-même", a écrit le président sur Twitter fin avril.

Le président démocrate de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, Jerrold Nadler, a cité McGahn à comparaître, mais Trump ne semble guère enclin à autoriser son audition. "Il a déjà témoigné pendant 30 heures", a-t-il déclaré Trump la semaine dernière sur Fox New. "Je dirais que c'est fait."

McGahn a quitté en octobre dernier ses fonctions de conseiller juridique de la Maison blanche.

Prolongez la lecture de Mediapart Accès illimité au Journal contribution libre au Club Profitez de notre offre spéciale