Selva Almada avait 13 ans quand elle a appris, par la radio, qu’Andrea avait été poignardée dans son lit à San José, un village voisin. C’était en 1986, dans l’Argentine profonde. Aujourd’hui, Selva a 42 ans et vient de présenter son sixième livre à Paris. Il s’agit de courts récits de « non-fiction » à la manière de Truman Capote ou Rodolfo Walsh, fruit d’une investigation de trois ans sur le phénomène du féminicide. Sur fond de souvenirs personnels, elle y fait état de trois cas de meurtres de femmes non résolus des années 1980. Au fil des pages, on découvre Andrea, mais aussi María Luisa, violée et étranglée dans la province du Chaco alors qu’elle n’avait que 15 ans ; Sarita, disparue dans la province de Córdoba âgée de 20 ans, et une foule de détails glaçants sur cette Argentine misogyne que l’auteure entend secouer.