La fiancée de Jamal Khashoggi interpelle les Etats-Unis

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Hatice Cengiz, la fiancée turque de Jamal Khashoggi, le journaliste saoudien assassiné en octobre dernier à l'intérieur du consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, a déclaré jeudi à Washington qu'elle ne comprenait pourquoi le crime n'avait produit aucune conséquence sérieuse.
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WASHINGTON (Reuters) - Hatice Cengiz, la fiancée turque de Jamal Khashoggi, le journaliste saoudien assassiné en octobre dernier à l'intérieur du consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, a déclaré jeudi à Washington qu'elle ne comprenait pourquoi le crime n'avait produit aucune conséquence sérieuse.

"Je n'arrive pas à comprendre que le monde n'ait toujours rien fait à ce sujet", a-t-elle dit devant une commission de la Chambre américaine des représentants.

Cengiz, qui était entendue dans le cadre d'une audition sur la liberté de la presse dans le monde, est la dernière personne à avoir Khashoggi en vie, le 2 octobre dernier, alors qu'il s'apprêtait à pénétrer à l'intérieur du consulat général saoudien pour obtenir des documents nécessaires à leur mariage. Il n'en est jamais ressorti.

Résident américain, contributeur du Washington Post, Khashoggi était un observateur critique du pouvoir saoudien, en particulier du prince héritier, Mohamed ben Salman.

"Nous ne savons toujours pas pourquoi il a été tué. Nous ne savons pas où se trouve son corps", a poursuivi Cengiz, réclamant que des sanctions soient prises pour punir l'Arabie saoudite et que Washington agisse en faveur de la libération des prisonniers politiques détenus dans le royaume.

Les autorités américaines ont conclu que la chaîne de responsabilité dans la mort de Khashoggi remontait jusqu'aux plus hauts niveaux du pouvoir saoudien. Ryad réfute toute implication du prince héritier.

Devant la sous-commission des Affaires étrangères, Hatice Cengiz a estimé que la situation revenait à une alternative: "Soit nous continuons comme si rien ne s'était passé, soit nous agissons, nous laissons de côté tous les intérêts, internationaux et politiques, et nous nous focalisons sur les valeurs d'une vie meilleure", a-t-elle dit.

"Ceci est un test pour les Etats-Unis, et je crois que ce test, les Etats-Unis peuvent et doivent le passer."

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