L’entreprise française Egis accusée de corruption au Yémen

Par Eva Thiébaud

La corruption généralisée au Yémen est un des facteurs d’explication du déclenchement de la guerre qui ravage le pays. L’entreprise française est accusée du versement de commissions à des intermédiaires, selon des témoignages et des documents recueillis par Mediapart. Egis dément. La plainte déposée en France a été classée sans suite.

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« J’avais deux fonctions principales, explique Jaden dans un très bon français. D’une part, je devais assurer des tâches administratives au Yémen : la location des bureaux, l’assistance aux salariés expatriés ou la remise des factures. » Mais l’homme d’une cinquantaine d’années ne s’occupait pas que de logistique pour la branche portuaire de l’entreprise française d’ingénierie Egis ; il en était aussi le « représentant commercial » au Yémen – une mission notamment formalisée par un accord signé en 2008. « À ce titre, je recueillais les appels d’offres pour des projets publics et j’exprimais l’intérêt de l’entreprise pour ceux-ci », développe-t-il.