En Thaïlande, le mouvement des «gens libres» défie la monarchie et l’oligarchie

Par Fred Kientz

Dirigées contre lautoritarisme du gouvernement militaire et du système éducatif, des manifestations nées dans les universités ont pris un tournant historique en revendiquant une réforme de la toute-puissante monarchie. Malgré une sévère loi de crime de lèse-majesté, les critiques contre l’institution se multiplient. Les autorités se cantonnent à larrestation des meneurs de la contestation et le pays senfonce dans limpasse politique.

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Bangkok (Thaïlande).– « Je suis venue avec mes amis pour distribuer de l’eau et des gâteaux aux participants, c’est notre façon de contribuer au mouvement Free People. Je suis très intéressée par la politique et je veux témoigner de ces changements dans mon pays. » Tenant une pancarte « Arrêtez la violence », Fu Kantima s’exprime en français sur les griefs d’une jeune génération étouffée par la mainmise de l’armée sur les affaires civiles et le pouvoir illimité de la monarchie. Dimanche 16 août, l’étudiante en sciences politiques a bravé l’opprobre parentale et l’état d’urgence en vigueur depuis le début de la pandémie pour rejoindre plus de 20 000 personnes autour du Monument de la démocratie. Donnant sur l’avenue Ratchadamnoen, lédifice est inspiré par l’Arc de Triomphe et les Champs-Élysées et commémore la première révolution siamoise.