Affaire Sangaris: les méthodes singulières des gendarmes enquêteurs

Par Justine Brabant et Leïla Miñano

La justice française a-t-elle sérieusement enquêté sur les viols et abus sexuels possiblement commis par des soldats français en Centrafrique ? Alors que le parquet de Paris a annoncé mardi 21 mars qu’il requérait un non-lieu, plusieurs éléments du dossier interrogent sur les méthodes des gendarmes qui ont mené les investigations.

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Ce dimanche matin de juillet 2015, les locaux de l’ambassade de France à Bangui accueillent un visiteur inhabituel. Le jeune David [le prénom a été changé] fréquente d’ordinaire plutôt les bâches en toile du camp de déplacés de M’Poko, où il vit depuis que la guerre civile a gagné la capitale centrafricaine, que le faste de l’ambassade. C’est pourtant là que les gendarmes français ont choisi de l’entendre. David a quatorze ans, et s’exprime en sango.