Le Mexique de López Obrador s’attaque à l’essence pirate

Par Clement Detry

L’explosion de l’oléoduc de Tlahuelilpan a fait plus de 110 morts le 18 janvier. Le nouveau président semble décidé à s’attaquer au siphonnage de l'essence, source de corruption, mais aussi de revenus pour les plus démunis.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Mexique, correspondance. – « Est-ce que c’est un os ? », demande un reporter local à l’anthropologue judiciaire, en observant la délicatesse avec laquelle celui-ci sépare plusieurs fragments blancs microscopiques noyés dans un tapis de cendres. C’est tout ce qu’il reste d’Hugo Antonio Godoy, un vendeur de fruits et de tamales, une sorte de petits pains cuits à la vapeur, « une personne honnête et travailleuse qui a juste cherché à porter secours », selon sa famille. Près de huit cents personnes, ce 18 janvier, jour de l’explosion survenue à Tlahuelilpan dans le centre du pays, s’étaient agglutinées dans ce champ de luzerne, là où l’oléoduc Salamanca-Tula-Poza Rica traverse le territoire sous une tranchée hérissée de pylônes jaunes et de panneaux « Interdiction de creuser ». En une semaine, le nombre de morts est passé de 69 à 114. Si on compte également les blessés graves et les disparus, cette tragédie nationale aura fait près de deux cents victimes.