Le pianiste Mikhaïl Rudy déchiffre la Russie

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Le pianiste Mikhaïl Rudy, ancien enfant prodige soviétique passé en France en 1976, évoque, dans un français chantant appris à la lecture de Diderot et de Proust, son enfance à Donetsk, la guerre en Ukraine, le pouvoir de Poutine. Et il dit ne pas comprendre la propagande déversée par les grands moyens d'information, en France ou aux États-Unis, au sujet de la crise ukrainienne.

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Né en 1953, Mikhaïl Rudy (Михаил Рудый) fut un enfant prodige soviétique. Il grandit à Donetsk avant d'intégrer, à 16 ans, le Conservatoire Tchaïkovski de Moscou et la classe de Jacob Flier. Rudy se vit privé de concours Marguerite-Long à Paris, en 1973, pour avoir refusé de coopérer avec le KGB. Le premier prix ne fut pas attribué cette année-là. Le pianiste se présenta la fois suivante, en 1975 (la compétition était alors biennale), et obtint la consécration suprême. En 1976, il profita de sa première tournée pour demander l'asile politique en France, dont il devint citoyen. Recherchant l'énergie des villes tentaculaires, Mikhaïl Rudy habita New York puis Londres, avant de revenir se fixer à Paris, où il a reçu Mediapart, dans sa maison du côté de l'avenue Mozart. Ces parages furent le quartier général de l'immigration russe après 1917 ; y a notamment vécu le prix Nobel de littérature (1933) Ivan Bounine...