Au-delà du bulldozer identitaire Vincent Bolloré, qui a transformé Fayard en vitrine de l’extrême droite et en arrière-boutique de l’épiscopat, la rentrée éditoriale se fait aussi sous la houlette d’un acteur plus discret, mais puissant et fervent : le patron de Média-Participations, troisième groupe d’édition français.
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Au cours d’une rencontre jeudi avec les syndicats, le PDG du groupe Les Échos-Le Parisien n’a pas souhaité commenter les rumeurs de vente au milliardaire d’extrême droite, assurant ne pas avoir été mandaté pour être le « porte-parole du groupe là-dessus ».
La révélation d’une rencontre entre deux responsables du Parti socialiste et deux éditorialistes en vue, Thomas Legrand et Patrick Cohen, régale une ministre renvoyée devant un tribunal pour corruption et une extrême droite hostile à la liberté de la presse. Elle trouble aussi le public, lassé du ronron médiatique sur la politique.
La vidéo pirate d’une discussion entre Thomas Legrand et Patrick Cohen avec deux cadres du Parti socialiste sur Rachida Dati place les deux éditorialistes dans la tourmente. La ministre a demandé des mesures à France Inter, renouant avec son interventionnisme sur le service public, tandis que l’extrême droite se régale de l’affaire.
Alors que la concentration à l’œuvre dans le monde du livre ne montre aucun signe d’essoufflement, Mediapart donne la parole aux Désirables, un collectif d’éditeurs et de libraires indépendants, pour prendre le pouls des alternatives.
Canal+, propriété du milliardaire d’extrême droite, a annoncé son intention de racheter le réseau de cinémas UGC. Une acquisition qui tend à reproduire dans le cinéma la stratégie d’intégration verticale jusqu’ici appliquée dans l’édition et la presse. Avec les risques de reprise en main idéologique qu’elle comporte.
Le groupe de Vincent Bolloré a versé près de 80 millions d’euros à une société aux mains du clan présidentiel au Congo-Brazzaville, visée par une enquête judiciaire en France. La cellule antiblanchiment Tracfin s’interroge sur certains versements.
La librairie parisienne Violette and Co, institution lesbienne, féministe et LGBT, a vu sa devanture attaquée à l’acide, avant une vague de cyberharcèlement et d’intimidations. Une mécanique de haine attisée sur X et amplifiée par les médias de Vincent Bolloré.
Face aux miroirs déformants des médias Bolloré donnant à voir une institution dominée par les courants les plus conservateurs, Mediapart donne la parole aux chercheurs et aux militants d’une vision progressiste du catholicisme.
Cette enclave dorée du XVIe arrondissement de Paris abrite depuis des décennies les plus grandes fortunes françaises, des familles Lagardère et Dassault à celle des Desseigne-Barrière. Vincent Bolloré y règne aujourd’hui en maître, dans une ambiance ultra-sécurisée confinant à la paranoïa.