En voix off, un homme raconte comment la révolution cubaine l’a séparé de sa nourrice noire. Et comment, des années plus tard, il l’a cherchée, voulant la remercier de l’enfance et l’amour qu’elle lui a donnés. Les images de ce court-métrage signé Aida Esther Bueno Sarduy sont essentiellement des photos d’archives, en noir et blanc, où des femmes noires portent des enfants blancs sur leurs genoux pour leur faire tenir la pose. Des photos anonymes où, au fil du récit, la femme est de plus en plus cachée, effacée. « En accumulant ces clichés anonymes, ce court-métrage dépasse la simple quête personnelle pour révéler les fondements d’un système raciste et de classes », écrit Éva Tourrent, responsable artistique de Tënk. Un système où, sera-t-il dit dans ce film, « les Noirs étaient pour nous comme des animaux de compagnie ».
« Guillermina », symbole de la nourrice noire
Guillermina a élevé un enfant dans les années 1940 à Cuba, nourrice noire d’une riche famille de blancs. Soixante-dix ans après, l’enfant retrouve ses souvenirs et, grâce à d’impressionnantes archives photographiques, se révèle tout un système colonialiste. Un court métrage en partenariat avec Tënk, plateforme du documentaire d’auteur.
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Tënk & Mediapart
24 juillet 2021 à 18h16