«Le Souffle du canon», les mots rares de soldats traumatisés

Par Images en Bibliothèques et Mediapart

Ils ont fait la guerre au Mali, en Afghanistan et en sont revenus meurtris, brisés, fracassés. Souffrant de stress post-traumatique (SPT), ils tentent, au Centre des blessés de l’armée de terre dans le Mercantour, de retrouver le sens et le goût de la vie. Le documentaire de Nicolas Mingasson livre les témoignages bouleversants d’hommes et de femmes engagés dans un monde où la faiblesse n’a pas sa place.

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« Le souffle du canon » est l’expression employée durant la Première Guerre mondiale pour expliquer l’état d’hébétude dans lequel revenaient certains soldats envoyés au front : ils avaient senti, disait-on aussi, « le vent du boulet ». Laurent Mauvignier a remarquablement décrit dans son roman Des hommes l’état psychologique dans lequel revinrent des appelés ou des engagés de la guerre d’Algérie, tout comme Kevin Power le fit dans Yellow Birds en parlant d’un soldat revenu d’Irak. On peut revenir fracassé de la guerre, asocial, addict aux drogues ou à l’alcool, violent ou profondément apathique. Certaines statistiques affirment que durant les années 1990, la moitié des sans-abri aux États-Unis étaient vétérans des guerres du Vietnam ou d’ailleurs.