«Les Hommes», dans un monde immense et absolu

Par Tënk & Mediapart

Ce film est une expérience sensorielle, méditative, contemplative. La réalisatrice et plasticienne Ariane Michel fut embarquée à bord de l’expédition Tara au Groenland. Sa caméra glisse sur la banquise, surprend des hommes, des animaux, de rares fleurs. En partenariat avec Tënk, la plateforme du documentaire d’auteur. 

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La caméra d’Ariane Michel contraint à observer. Lentement, presque prudemment, elle nous fait d’abord découvrir l’espace, la terre gelée, la brume, les roches qui découpent le ciel. Puis le peuple qui l’habite : un phoque, un ours, un morse… De longs plans fixes offrent le temps de s’habituer au paysage, de surprendre un mouvement infime. Les bruits sont ceux du vent, de l’eau, de l’envol d’un oiseau. Puis viennent les intrus : un bateau qui s’approche tout doucement, des gens qui marchent, observent, prélèvent, se rapprochent de la caméra, qui peut alors saisir quelques bribes de propos scientifiques, puis s’effacent, laissant place à une beauté sauvage, immobile et immense, d’où les hommes ont disparu il y a des millions d’années.